SCENE XI
FÉDÉRIC, seul, rêvant. Elle n’aime pas Ascanio!.. elle n’aime personne, a-t-elle dit... et cependant, cette nuit, pendant son sommeil, à qui pensait-elle, en disant : Je t’aime!.. Et tout à l’heure encore près de moi, son émotion... Allons, quelle folie !.. me voilà aussi absurde, aussi présomptueux qu’ Ascanio... moi, homme raisonnable!., ou qui du moins devrais l’être!.. (Voyant entrer un laquais.) Qui vient là?
le laquais. Quelqu’un demande à parler à Monseigneur.
fédéric. Je n’y suis pour personne!
le laquais. Il insiste et dit que son nom est Pepito.
fédéric. Pepito! attends!.. Le mari de Gianina!.. et Gianina est l’amie, la confidente peut-être de Rebecca... Fais entrer Pepito?.. Lui seul, entends-tu bien?.. (Le laquais sort et Fédéric va s’asseoir près du guéridon.) Car enfin, ce divorce si aisément obtenu n’est peut-être pas impossible à révoquer. Le cardinal m’est dévoué et son empressement même le prouve!.. (Prenant les papiers qui sont restés sur le guéridon à gauche, et retirant une lettre qui est restée dans l’enveloppe.) « Je « vous envoie, mon cher marquis, signé de moi et du « souverain Chapitre, l’acte de séparation que vous solli- « citez avec tant d’instances... Votre sécurité peut être « désormais complète; car dans nos lois, comme dans la « loi française, ceux que le divorce a une fois séparés ne « peuvent plus jamais être réunis! .. » (S’arrêtant et froissant la lettre. Définitif!., irrévocable!,. Allons, éloignons des rêves insensés... (Se retournant et apercevant Pepito, qui entre en saluant.) C’est toi, Pepito!.. qui t’amène?
REBECCA