SCENE XII
FÉDÉRIC, PEPITO.
pepito, le saluant. Je viens, Monseigneur, vous apporter mes félicitations au sujet de votre mariage!
FÉDERic, à part. Ça se trouve bien ! pepito. Je ne suis pas le seul! Us disent tous : « Il y a « bien des grands seigneurs libéraux, qui ne le sont qu’en « paroles; mais celui-là, c’est différent ! il épouse la iille « d’un marchand!., il fait alliance avec le peuple... et le « peuple est pour lui... Vive le marquis et la marquise! » fédéric. C’est bon... c’est bon!..
pepito. Oh! je vous réponds que ce mariage-là vous fera un honneur infini !
fédéric, à part , et souriant avec ironie. Ça se trouve à merveille, et mon divorce va produire alors un excellent effet. (Haut.) Eh bien! qu’est-ce qui t’amène? qu’estce que tu veux?
pepito. Ce que je veux?
Air de l’Écu de six francs.
Dans cette prison je me damne !
Geôlier! c’est un métier d’enfer...
Et dans les octrois ou la douane Je veux une place en plein air. (bis)
Pour me changer, faut qu’on m’ la donne... Queu bonheur d’ pouvoir respirer,
Et d’empêcher les gens d’entrer,
Moi qui n’ laissais sortir personne !
Et alors je venais...
fédéric. Mais, pour obtenir une place, il faut des titres, et je ne vois pas les tiens.
pepito. Vous-ne les voyez pas! je le crois bien!.. Je ne suis pas de ceux qui se vantent et qui disent : J’ai fait ci... j’ai fait ça!.. Moi, au milieu des dangers les plus horribles... qui vous menaçaient...
fédéric, vivement. Eh bien?..
pepito. Je me suis tu!., j’ai gardé le silence... mais aujourd’hui je ne crains pas de le dire... c'est moi que... j’ai tout bravé pour vous! Hier, ce billet que vous avez reçu... à travers vos barreaux...
fédéric. Quoi!., c’est toi .. dont le couvage et le désintéressement...
pepito. Oui, sans doute... Je ne vous ai rien demandé pour ça, vous le savez !.. Vous me direz que j’avais touché cinq mille ducats, avec quoi j’ai épousé Gianina... Je ne dis pas non... mais de vous je n’ai rien reçu encore!., et voilà pourquoi je venais...
fédéric, avec émotion. Mais ces cinq mille ducats... pour me délivrer... qui te les avait donnés?
pepito. Ça... je ne puis pas le dire... mais peu importe !
fédéric, vivement. Gomment!., peu importe!.. Je n’ai peut-être qu’un ami, qu’un seul ami au monde et je ne le connaîtrais pas! Parle! dis-moi son nom? pepito. Je ne le peux pas.
fédéric. Et pourquoi?
pepito. Parce que je ne le sais pas ! vrai. Monseigneur, je ne le sais pas!
fédéric. Tu me trompes!., et si tu t’obstines à te taire, n’attends rien de moi !
pepito, à voix haute. V’ià qui est injuste!., car enfin quand on ne sait pas...