‹ Å’uvres illustréesChapitre 126 sur 1154 · TSING-SING, TGHIN-KAO · texte numérisé non relu

TSING-SING, TGHIN-KAO

tsing-sing. Eli bien! maître Tchin-Kao... qu’en dites-

tchin-kao. Que je ne puis en revenir encore!., vous, gouverneur de cetle province, qui veniez tous les ans au nom de l’empereur, notre gracieux souverain , pour toucher notre argent ou nous donner des coups de bâton ; vous qui me faisiez une si grande peur, ainsi qu’à tout le monde, vous voilà mon gendre...

tsing-sing. Oui, maître Tchin-Kao, je vous ai fait cet. honneur : j’admets votre fille au nombre de mes femmes... tchin-kao. Est-ce que vous en avez beaucoup? tsing-sing. Quatre.

tchin-kao. Est-il possible!

tsing-sing. Objet de luxe! et pas autre chose. Un grand seigneur chinois y est obligé par son rang.

tchin-kao. Ici, auvillage, nous neprenons qu’une femme, nous ne pouvons pas en avoir davantage... tsing-sing. C’est juste ! vous n’en avez pas les moyens !..

c’est un luxe qui revient très-cher, attendu qu’à chaque fille qu’on épouse... il faut payer une dot à son père.

tchin-kao. Très-bonne coutume! encouragement moral accordé aux nombreuses familles... Du reste, la dot que j’ai reçue de votre seigneurie était magnifique... Il n’y a qu’une chose qui m’embarrasse...

tsing-sing. Laquelle?

tchin-kao. Ce sont vos quatre femmes.

tsing-sing. Elles ne vous embarrassent pas plusqnemoi! La première est maussade, la seconde colère, la troisième jalouse; mais celles-là ne diront rien, car elles ne sortent jamais de leur chambre on de leur palanquin. Ce qu’il y a de plus difficile, c’est ma quatrième, ma chère Tao-Jin... tchin-kao. Qui est laide?

tsing-sing. Non, elle est jeune et jolie, mais elle réunit à elle seule les qualités de toutes les autres... sans compter un petit mandarin très-assidu auprès d’elle; et je ne puis la répudier, attendu qu’elle est cousine de l’emperecr, au huitième degré.

tchin-kao. Cousine de l’empereur!

tsing-sing. Il en a comme ça deux ou trois mille... C’est égal, cette parenté-là donne à ma doucereuse Tao-Jin le

LE CHEVAL DE BRONZE

droit de pnrailre sans voile, de sortir seule et de me faire enrager toute la journée.

tcuin-kao. Elle vous aime donc bien!

tsing-sing. Du tout : elle ne peut pas me souffrir; mais, flore et hautaine, elle me regarde comme son premier esclave... Tu l’as voulu, Tsing-Sing... tu as voulu, parce que tu é!ais riche, épouser une princesse qui n’avait rien. Aussi, avec cile, il faut que j’obéisse, et c’est pour commander à quelqu'un que j’ai épousé ta fille... tcuin-kao. Je vous remercie bien.

tsing-sing. Mais tout à l’heure, au moment où j’entrais dans la pagode... un exprès m'a appris que ma noble compagne venait d’arriver il mon palais d'été. tciijn-kao. Aux portes de oe village,,, tsing-sing. C’est cela qui m’a fait hâter mon mariage avec Peki... car tu sens bien que si Tao-Jin était apparue au milieu de la c 'rémonie...

tchin-kao. Cela aurait été fort gênant pour ce matin. tsing-sing. Et ça le serait encore plus pour oe soir ,. Ainsi, tu feras préparer le repas et l'appartement nuptial chez toi... dans tu fermo.

tciiin-kao. Quel honneur!

TSING-SING. Et d’ici-là, si je puis éviter la quatrième... et ne pas la voir de la journée... (.4 percevant Ta-oJin.)

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