SCENE VIII
Les précédents, TCHIN-KAO, PEKI.
QUINTETTE
TCHIN-KAO
Pour vous, nobles seigneurs, le repas est servi!
C’est Tcliin-Kao, le fermier!..
TCHIN-KAO
Oui, mon prince!
LE PRINCE
Reçois mon compliment! dans toute la province,
( Lui montrant Tao-Jin.)- Je n’ai rien vu, je crois d'aussi joli Que ta fille !
tao-jin, s'éloignant avec indignation.
Sa fille!..
TCHIN-KAO
Eh! mais... ce n’est pas elle!
TAO-JIN
Sa fille!., quelle horreur!
Moi, cousine de l’empereur!
le prince, à Tao-Jin.
Eh quoi! vous n’ètes pas cette beauté nouvelle.
Que le seigneur Tsing-Sing ce matin épousa?
TAO-JIN
Qu’il épousa!., qu’entends-je?
(A Tsing-Sing .)
Une nouvelle femme!
tsing-sing, à demi-voix.
Taiscz-vousdonc!.. le prince est là!
Non, je ne puis calmer le courroux qui m’enflamme,
Une cinquième!., à vous! . vous, Monsieur, qui déjà... tsing-sing, de même.
Taisez-vous donc, le prince est là!
tao-jin, de même.
Et quelle est-elle?
tchin-kao, montrant Peki qui arrive voilée.
La voilà...
tous.
La voilà!., la voilà!
TAO-JIN
Le perfide me le paiera!
le prince, regardant tour à tour Peki et Tsing-Sing. Et m’abuser ainsi!,, pauvres princes, voilà Comme en tout temps on nous trompa!
ENSEMBLE
LE PRINCE
Que sa démarche est belle!
Que de grâce et d’attrait!
Oui, tout me dit : C’est elle Que j’adore en secret !
TSING-SING
O souffrance mortelle !
Ah! de moi c’en est fait!
Mon autre femme est celle Qu’il adore en secret!
TAO-JIN
Une flamme nouvelle En secret l'occupait;
Le traître, l’infidèle Ainsi donc nous trompait!
PEKI.
Dans ma douleur mortelle.
Hélas! si je l’osais.
D’une chance aussi belle.
Ah ! je profiterais !
TCHIN-KAO
Quelle gloire nouvelle!
Quel triomphe complet,
Si ma fille était celle Que le prince adorait!
tao-jin, passant près de Peki et soulevant son voile. Je connaîtrai du moins ma rivale!
TOUS
Ah! grands dieux!
le prince, regardant Peki.
Non .. non, ce n’est pas elle!
tsing-sing, àpart.
Ah! je l’échappe belle.
le prince, regardant toujours Peki.
Mais d’où viennent les pleurs qui coulent de ses yeux? tsing-sing, s’approchant.
Qu’a-t-elle donc?
PEKI.
Ah ! je ne puis le dire!
tsing-sing.
A moi votre époux!
PEKI.
Non.
LE PRINCE
Mais à moi, mon enfant?
PEKI.
Vous, Monseigneur, c’est différent!
Je crois que j’oserai!
LE PRINCE
C’est bien! qu’on se retire!
tsing sing, avec effroi Qui, moi?,, me retirer!
tao-jin.
C’est bien fait
LE PRINCE
C’est charmant !
TAO-JIN
Cinq femmes !.. ah! cela mérite châtiment!
TAO-JIN
Ah! d’une telle offense Je veux avoir vengeance.
Et pareille inconstance Lui portera malheur!
Oui, pour lui point de grâce.
Je ris de sa disgrâce,
On doit de tant d’audace Punir un séducteur.
tsing-sing.
J’hésite, je balance ;
Je dois obéissance.
Et pourtant la prudence Me fait craindre un malheur!
O tourment ! ô disgrâce !
Que faut-il que je fasse Pour conserver ma place Et garder mon honneur?
LE PRINCE
Il hésite!., il balance!
Redoute ma puissance !
LE CHEVAL DE BRONZE
|to
Tu dois obéissance A ton maître et seigneur!
Allons, code la place,
Nul danger ne menace Tant d’attraits et de gràcô,
Je suis son protecteur!
PEKT.
Quelle reconnaissance!
Ah ! sa seule présence Vient calmer la souffrance Dont gémissait mon cœur!
Du sort qui nous menace.
Oui, la crainte s’efface ;
D’avance je rends grâce A mon doux protecteur!
TCHIN-KAO
Il hésite!., il balance !
Ah! d’une telle offense Sa femme aura vengeance,
Pour lui je crains malheur!
Je prévois la disgrâce Qui déjà le menace.
Il y va de sa place Ou bien de son honneur !
le prince, se retournant tiers Tsing-Sing qui n est pas encore parti.
Eh bien!., eh bien!
Pardon, je dois rester :
Ma charge me prescrit de ne point vous quitter! le prince.
Hormis quand je l’ordonne !
tsing-sing, aoec crainte et à demi-voix, en montrant Peki.
Au moins, je l’espère,
Ce n’est pas elle!..
le prince, souriant.
Eh! non, eu vérité!
Ne crains rien, j’aime un rêve, une vaine chimère, i Et ta femme est, hélas!
TSING-SING
Une réalité !
{A part.)
Aussi je crains quelques nouvelles trames!
LE PRINCE
Eh bien! m’entends-tu?..
TSING-SING
Je m’en vas.
TAO-JIN
Allons, venez... suivez mes pas!
TSING-SING
Époux infortuné!., malheureux par mes femmes,
( Montrant Peki.)
Par l’une que je quitte, hélas!
(. Montrant Tao-Jin qui l’entraîne.)
| Et par l’autre qui ne me quitte pas !
ENSEMBLE
TAO-JIN
Ah! d’une telle offense Je veux avoir vengeance.
Et pareille inconstance Lui portera malheur!
Oui, pour lui point de grâce,
Je ris de sa disgrâce.
On doit de tant d’audace Punir un séducteur.
Allons, quelle lenteur !
D’où vient cet air d’humeur?
Votre maître et seigneur Veille sur votre honneur.
TSING-SING
J’hésite, je balance :
Je dois obéissance,
Et pourtant la prudence Me fait craindre un malheur !
O tourment! ô disgrâce!
| Que faut-il que je fasse
Pour conserver ma place Et garder mon honneur?
Allons, montrons du cœur Et de la bonne humeur.
J’obéis sans frayeur A mon maître et seigneur!
LE PRINCE
Il hésite!., il balance!
Redoute ma puissance!
Tu dois obéissance A ton maître et seigneur!
Allons, cède la place,
Nul danger ne menace Tant d’attraits et de grâce,
Je suis son protecteur !
Allons, quelle lenteur!
D’où vient cet air d’humeur!
Obéis sans frayeur A ton maître et seigneur!
PERI
Quelle reconnaissance !
Ah ! sa seule présence Vient calmer la souffrance Dont gémissait mon cœur !
Du sort qui nous menace.
Oui, la crainte s’efface ;
D’avance je rends grâce A mon doux protecteur !
Voyez quelle lenteur.
Quelle mauvaise humeur;
On dirait qu’il a peur D’un pareil protecteur!
TCHIN-KAO
Il hésite!., il balance!
Ah ! d’une telle offense Sa femme aura vengeance,
Pour lui je crains malheur,
Je prévois la disgrâce Qui déjà le menace,
11 y va de sa place Ou bien de son honneur!
Voyez quelle lenteur.
Quelle mauvaise humeur ;
On dirait qu’il a peur D'un pareil protecteur!
(: Tchin-Kao rentre dans la ferme à droite du spectateur, et Tao-Jin sort en emmenant avec elle Tsing- Sing.) v