‹ Å’uvres illustréesChapitre 144 sur 1154 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

PERI, YANKO.

yanko. Ah ! c’est vous, Madame.

peki. Madame!., pourquoi me donnes-tu ce nom-là? yanko. Parce qu’il ne peut pas vous échapper... (Regardant en l’air.) D’abord un mari qui, à chaque instant, peut nous tomber sur la tête, et puis, comme si ce n’était pas encore assez, votre père vient d’annoncer à toute la maison qu’il attendait un nouveau gendre... peki. Qu’importe, si je refuse?

yanko. Vous n’oserez pas!., vous aurez peur., et vous ! ferez comme la première fois, vous oublierez Yanko. j

peki. Et si j’ai un moyen infaillible d’empêcher ce ma- i riage... |

ïanko. Lequel?

peki. D'en épouser un autre... sur-le-champ... et sans en rien dire à mon père...

yanko. O ciel!

peki. Est-ce là un bon moyen?

yanko. C'est selon... selon la personne que vous choisiriez !

peki. Dame ! c’est pour cela que je te demande conseil. yanko. Ehbien ÎMam’selle, qui prendrez-vous pour mari ? peki. Toi ! si tu veux.

yanko, avec joie. Ah! ce n’est pas possible!., vous n’oseriez jamais !

peki, tendrement. J’oserai... je le jure... (Vivement.) Et pourquoi pas ! si tu m’aimes.

yanko, vivement. Oh ! toujours !

peki. Si tu m’es resté fidèle, si tu n’as rien à te reprocher...

yanko, secouant la tète. Oh! pour ce qui est deçà... il est possible qu’il y ait bien des choses à dire...

peki, d'un air de reproche. Comment, Monsieur, ici, dans ce village?

yanko. Oh ! non jamais... et si j’y étais toujours resté.. peki. Mais vous n’en êtes sorti qu’une fois... c’est donc quanil vous êtes parti sur ce cheval de bronze? Voyezvous comme c’est dangereux les voyages?.. Et où avezvous été? qu’est- ce qu’il vous est arrivé?., je veux tout savoir.

vanko. Écoutez, mademoiselle Peki, si vous l’exigez... je vous le dirai, parce qu’avant tout je dois vous obéir... mais si je parle, ce sera mon dernier jour, et nous serons séparés à jamais.

peki. Ah ! mon Dieu! %

yanko. Après tout .. c’est justice!., je l'ai mérité, je dois être puni... et pourvu que vous me regrettiez quelquefois... je vais vous dire... *

peki. Non, Monsieur, non... je neveux rien apprendre... quoique j’en aie bien grande envie, et à cause de votre repentir et du chagrin où je vous vois... je vous pardonnerais peut-être si je savais seulement jusqu’à quel point vous avez ôté coupable.

yanco. Vous savez bien que je ne peux rien dire... et il faut pardonner de confiance...

peki. C’est terrible, un secret comme celui-là... Allons, Monsieur, puisqu’il le faut, je pardonne, (Vivement.) à condition que cela ne vous arrivera plus.

yanko, regardant en l’air. Ob! non... il n’y a plus ntoyen.

peki. C’est rassurant!..

yanko. Non, ce n’est pas cela que je veux dire... peki. Eh bien! Monsieur, écoutez-moi : ce soir même, pendant le souper que mon père donne à son gendre, et auquel les femmes n’assistent pas... je sortirai sans bruit par la porte du jardin où tu m’attendras !

yanko. Et où irons-nous? qui protégera notre fuite9 peki. Ne t’inquiète donc pas, une grande dame qui veille sur nous... ma collègue! l’autre femme du seigneur Tsing- Sing.

yanko. Elle qui est si méchante!

peki. Elle ne l’est qu’avec son mari ; les grandes dames sont comme cela... Tais-toi, la voici!

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