TAO-JIN, TSING-SING
(Pendant la ritournelle de l’air précédent, les rideaux de la croisée du fond se déchirent. — On aperçoit en dehors le cheval de bronze sur le rocher de granit gui touche à la fenêtre. - Tsing-Sinj, qui vient de descendre de cheval , s’avance en chancelant comme un homme encore tout étourdi.)
tao-jin, se retournant et V 'apercevant.
O ciel! en croirais-je mes yeux?
C’est lui! c’est mon macL.de retour en ces lieux!
DUO
ting-sing, « / ar , et s’avançant au bord du théâtre, pendant que Tao-Jin remonte vers le fond.
Ali ! quel voyage téméraire,
Dans les airs prendre ainsi son vol!
Je respire !.. je suis sur terre.
Enfin j’ai donc touché le sol!..
Près d’une beauté que j’adore,
En ces lieux où l’amour m’attend,
(Se frottant les mains.)
Je vais...
(Se retournant et apercevant Tao-Jin, à part.)
Allons, c’est l’autre encore,
Je la revois pour mon tourment!
TAO-JIN
Quoi! c’est vous, seigneur!
tsing-sing, haut.
Oui, Madame?
Moi qui pour vous descends des cieux !
TAO-JIN
Et le prince ?..
TSING-SING
Calmez votre âme,
Il est resté...
TAO-JIN
Pourquoi ?. .
(Voyant qu’il garde toujours le silence.)
Parlez donc!., je le veux.
Comment, vous gardez le silence?
Répondez-moi !
TSING-SING
Je ne le peux!
TAO-JIN
D’où vient donc cette défiance?
TSING-SING
Je dois me taire et je le veux :
Parler serait trop dangereux!
tao-jin, le cajolant.
Vous avez done dans ce voyage Vu des objets bien merveilleux!
Sans doute !
tao-jin, de même.
Et vous pourriez, je gage.
M’en faire un récit curieux !
TSING-SING
Certainement!
tao-jin, de même.
D’avance, moi j’admire.
C’est donc bien beau! bien somptueux!
tsing-sing, s’oubliant.
Je crois bien!., car d’abord...
(S’arrêtant)
Mais je ne veux rien dire.
Non... non... je ne veux rien dire!
tao-jin, le suppliant.
Ah! mon mari,
Mon petit mari,
Si vous voulez que je vous aime,
Parlez, parlez à l’instant même.
Et de moi vous serez chéri !
ENSEMBLE
TAO-JIN
Vous parlerez.
Je ne dis mot.
TAO-JIN
Et pourquoi donc?
TSING-SING
C’est qu’il le faut.
TAO-JIN
Vous me direz...
tsing-sinG.
Parlez plus bas!
LE CHEVAL DE BRONZE
TAO-JIN
Oui, je le veux.
TSING-SING
Je ne veux pas.
tao-jin, avec colère.
Ah! je perds patience Avec un tel époux !
Gardez donc le silence.
Je ne veux rien de vous!
tsing-sing, avec humeur.
Ah ! je perds patience !
Ma femme, taisez-vous!
Oui, gardez le silence.
Ou craignez mon courroux.
tsing-sing, après un instant de silence.
Ah ! quel doux ménage est le nôtre !
En descendant du ciel se trouver en enfer !
( Regardant autour de lui.)
Si du moins j’apercevais l’autre !
tao-jin, avec ironie.
Cette jeune beauté dont l’aspect vous est cher !
(Se rapprochant de lui et prenant un air de douceur.) V Eh bien ! donc, vous allez connaître
Si je suis bonne et si je vous aimais,
De l’épouser demain je vous laisse le maître ! tsing-sing, avec joie.
Vraiment!., ma chère femme!..
tao-jin.
Mais.
Voici la clause que j’y mets !
tsing-sing, avec chaleur.
Je m’y soumets d’avance, je l’atteste!
tao-jin, d’un air câlin.
C’est de m’apprendre les secrets Que vous avez surpris là-haut!..
TSING-SING
U u sort funeste
M’en empêche!
Comment cela?
TSING-SING
D’y penser, j’en frémis déjà!
Si j’osais révéler ce terrible mystère!
Si je le trahissais par un mot... un seul mot, Prononcé par hasard et même involontaire, Vous verriez votre époux se changer en magot. tao-jin, joignant les mains.
En magot
TSING-SING
En statue ou de bois ou de pierre!
tao-jin, de même.
En magot!.
tsing-sing.
Si j’osais révéler ce mystère !
tào-.iin. d’un air caressant.
Ah ? mon mari !
Mon petit mari !
Si vous voulez que je vous aime, Parlez! parlez à l’instant même, Et de moi vous serez chéri !
Moi, je le veux!
TSING-SING
Je ne veux pas!
tao-jin, avec colère .
Ah! je perds patience Avec un tel époux!
Gardez donc le silence,
Je ne veux rien de vous!
tsing-sing, avec colère.
Ah! je perds patience!
Ma femme, taisez-vous !
Oui, gardez le silence.
Ou craignez mon courroux!
(A la fin de cet ensemble, Tsing-Sing, impatient, vase jeter dans le fauteuil à gauche.) tsing-sing. Qu’il ne soit plus question de cela... et puisqu’il n’y a pas moyen de vous faire entendre raison, je ne vous répondrai plus!
tao-jin. Eh bien! plus qu’un mot... (S’approchant de lui.) Quoi vraiment, si, malgré vous et sans le vouloir, ce secret-là vous échappait, vous seriez changé à l’instant même en statue de bois?..
tsing-sing. Oui!
tao-jin . En magot?
tsing-sing Oui!
tao-jin. Serait-il comme les autres, peint et colorié? tsing-sing, avec colère et se rejetant dans le fauteuil. C’en est trop!., et quoi que vous me demandiez, quoique vous puissiez me dire maintenant, je n’ouvrirai plus la bouche !
TAO-JIN, près du fauteuil. G’est ce que nous verrons; et pour commencer, je ne consens plus à votre nouveau mariage... (Geste d'impatience de Tsing-Sing, qui veut parler et qui s’arrête.) Je ne vous quitterai plus... (1 Même jeu.) Je ne vous laisserai pas seul un instant avec votre nouvelle femme... (Même jeu.) Et bien plus, je la ferai disparaître de vos yeux!
tsing-sing, éclatant et se levant. Vous oseriez !.. tao-jin. Je savais bien queje vous ferais parler... Adieu, adieu! (A part.) Courons tout préparer pour le départ de Peki. ( Elle sort.)