SCENE VI
TAO-JIN, seule.
RÉCITATIF
Ah! pour un jeune cœur, triste et cruelle épreuve. Quels tourments que ceux d’une veuve!
Le désespoir dans l’âme et les pleurs dans les yeux, Plus de bal, plus de fête, ah! son sort est affreux !.. (Souriant.)
Et pourtant libre enfin d’un joug que l’on abhorre On peut déjà penser à celui qu’on adore,
On peut rêver d’avance un plus heureux lien Et puis le deuil me va si bien. ’
O tourments du veuvage,
Je saurai vous suldr,
Et j’aurai le courage De ne pas en mourir.
Allons, prenons patience,
Et les amours
Vont bientôt par leur présence Charmer mes jours.
. O vous' que toute ma vie J’ai révérés.
Plaisirs et coquetterie,
Vous reviendrez.
Je vous revois, beaux jours que je pleurais;
Par vous les fleurs succèdent aux cyprès.
Adieu vous dis, et chagrins et regrets,
Les jours de deuil sont passés pour jamais.