‹ Å’uvres illustréesChapitre 150 sur 1154 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

TSING-SING, toujours endormi; PEKI, puis YANKO, sortant de la porte à droite.

TRIO

tsing-sing, rêvant tout haut.

Ma femme... ma femme... à souper...

... Il vaut mieux être en son ménage...

Que d’être encore à galoper A cheval sur un nuage !

peki.

Il rêve en dormant !

{Se retournant et apercevant Yanko qui vient d’entrer, tenant un paquet à la main.)

Ah! grands dieux!

Yanko qui revient en ces lieux!

yanko, apercevant Tsing-Sing.

Que vois-je!

(Il laisse tomber sur une chaise le paquet qu’il tenait.) C’est lui !

PEKI.

Du silence.

yanko, stupéfait.

Comment, le voilà de retour!

peki.

Hélas! oui!

YANKO.

Sa seule présence Détruit tous mes rêves d’amour!

ENSEMBLE

tsing-sing, rêvant.

L’amour m’attend... douce espérance.

Enfin me voilà de retour !

PEKI ET YANKO.

Pour nous, sa funeste présence Détruit tous nos rêves d’amour.

tsing-sing, rêvant.

Allez, esclaves, qu’on prépare...

Notre appartement nuptial!

YANKO.

Qui moi, souffrir qu’on nous sépare;

Plutôt immoler ce rival !

peki, à voix basse.

Ecoute-moi !

Je ne puis à présent m’éloigner avec toi,

Mais je partirai seule, et j’irai sans effroi Aux pieds de l’empereur implorer sa justice,

Pour rompre cet hymen et dégager ma foi !

YANKO.

Tu l’oserais ?

PEKI.

Le ciel propice

Protégera ma fuite, et veillera sur moi!

tsing-sing, rêvant.

A souper, ma femme... ma femme...

PEKI.

Ah ! la frayeur glace mon âme !

ENSEMBLE

Ya-t’en! va-t’en! c’est mon mari,

J’ai peur qu’il ne s’éveille ici !

YANKO.

Ah! ne crains rien de ton mari.

Tu vois bien qu’il est endormi !

tsing-sing, rêvant.

Ah ! quel bonheur pour un mari.

De reposer enfin chez lui!

YANKO.

Je pars... mais que j’entende encore Un mot, un dernier mot d’amour !

PEKI.

Yanko, c’est moi qui vous implore, Eloignez-vous de ce séjour!

YANKO.

Quoi? te quitter à l’instant même...

PEKI.

Eh bien! tu le sais, oui, je t’aime!..

Je t’aime !

Mais...

Va-t’en! va-t’en! c’est mon mari,

Je crains qu’il ne te voie ici.

YANKO.

Ah ! ne crains rien de ton mari.

Tu vois bien qu’il est endormi !

tsing-sing, rêvant.

Ah ! quel bonheur pour un mari,

De se trouver enfin chez lui !

peki, à Yanko.

Partez... partez... je vous supplie...

yanko, avec chaleur.

Vous perdre, c’est perdre la vie!

peki, lui imposant silence.

Pas si haut!., il me fait trembler!

yanko, baissant la voix.

Eh bien! je me tais... mais par grâce,

Un seul baiser!

peki.

Ah! quelle audace!

Le bruit pourrait le réveiller.

Non... non... je défends qu’on m’embrasse!

YANKO.

Il le faut... ou je reste ici!

PEKI.

Alors, dépêchez-vous, de grâce...

(Yanko l’embrasse .)

ENSEMBLE

PEKI.

Va-t’en ! va-t’en ! c’est mon mari.

Je crains qu’il ne te voie ici !

YANKO.

Ah ! ne crains rien de ton mari,

Tu vois bien qu’il est endormi.

Ah! quel bonheur pour un mari De se trouver enfin chez lui !

LE CHEVAL DE BRONZE

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