VICTOR ET ÉDOUARD
Pour la patrie Quitter sa mie.
C’est un devoir;
Mais quel délire,
Quand on peut dire :
Vais la revoir !
ENSEMBLF LORD FINGAR.
De la prudence... et dans mon cœur
Cachons mon trouble et ma fureur.
MALVINA
Est-ce un prestige? est-ce une erreur?
D’où vient le trouble de mon cœur?
ÉDOUARD
Moment d’ivresse et de bonheur!
Cachons le trouble de mon cœur.
victor, carill et strounn, examinant lord Fingar.
Quel coup soudain trouble son cœur?
D’où vient sa secrète fureur?
Oui, dans ses yeux est la fureur.
lord fingar. C’est bien. Vous ôtes d’habiles ménestrels, qui serez récompensés comme vous le méritez ; mais il faut avant tout leur donner quelque repos dout ils ont besoin. (A part.) Lequel des deux est mon rival? (A Strounn, montrant Victor.) Conduis celui-ci (fias.) dans le caveau de la tour. Mets-le sous les verrous, et reviens aussitôt.
strounn. Oui , Milord.
lord fingar, passant près de Carill et lui montrant Edouard. Conduis celui-là (A voix basse.) dans la prison du château. Enferme-le à double tour, et apporte-moi I la clé.
carill. Oui, Milord.
lord fingar. Adieu, mes braves gens, au revoir. Milady vous remercie ; et moi je vous promets, après la fête, une récompense toute particulière. (Victor sort par la gauche, emmené par Strounn; et Edouard par la droite, emmené par Carill.)