‹ Å’uvres illustréesChapitre 195 sur 1154 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÉDOUARD, seul.

RÉCITATIF

Voici de Saint-Dunstan l’antique monastère.

Où vient de pénétrer ce cortège pieux.

Que faut-il craindre, hélas! que faut-il que j’espère?

Est-ce un songe, une erreur dont s’abusaient incs yeux?

Ou pour me secourir, un ange tutélaire Auprès de moi veille-t-il en ces lieux?

{Il regarde autour de lui, écoute quelques instants.)

CANTAB1LE.

Je n’entends rieu que le feuillage Par le vent du soir agité.

Et des pâtres du voisinage Les chants par l’écho répétés.

L’astre des nuits sur l’ermitage Répand une douce lueur;

Tout repose en ce lieu sauvage!

Partout le calme, hors dans mon cœur.

O mortelle souffrance !

Je frémis et j’attends;

Chaque instant qui s’avance

Redouble mes tourments.

( Regardant te cadran de la tour, qui dans ce moment est éclairé par la tune.)

CAVATINE

Une heure! hélas, une heure encore.

Et je perds celte que j’adore !

Heure fatale à mes amours,

Un seul instant suspends ton cours.

Au gré de mon attente.

Que Targuillc plus lente Marche plus doucement! •

Un instant, je t’cnprie.

Dussé-je, heureux amant,

Payer ce seul instant Du reste de ma vie.

Heure fatale à mes amours,

Suspends encor, suspends ton cours!

Et Victor dont je n’ai point de nouvelles! et cette jeune fille que je n’ai jamais vue ! cette fausse Malvina qui semble me protéger, où est-elle?

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