REPRISE DU MORCEAU PRÉCÉDENT
Je tiens toute l’affaire;
Laissez, laissez-moi faire,
Je sais quels sont mes droits;
Et pour mieux leur apprendre,
Je veux en faire pendre Au moins deux ou trois.
(Il sort avec tous ses gens, en emmenant Victor.) SCENE VIII.
LORD FINGAR, STROUNN, JAKMANN, à l’écart.
strounn. Qu’y a-t-il done, Milord? et qu’avez-vous découvert?
lord fingar. Tout s’éclaircit enfin! Je tiens le fil du complot. La lettre était adressée à sir Edouard Acton, un de nos amis.
strounn. Par qui?
lord fingar. Ecoute plutôt. (Lisant.) « Après votre dé- « part. Milord, j’étais resté il Butland sous les verrous!.. <f mais, délivré, comme vous, par les soins de Carill... » Quand je te disais que ce Carill était un traître! strounn. Moi, qui ne me doutais de rien! lord fingar. Tu aurais mérité d’être constable; aussi, la première place vacante... sois tranquille. strounn, s'inclinant Mil Milord...
lord fingar. Poursuivons. (Il, lit.) « Je me suis rendu « dans le salon de Robert Bruce, où j’ai trouvé la belle « Malvina, que je ne connaissais pas. » strounn, montrant l'oratoire. Que dit-il? puisqu’elle est là!
lord fingar. Attends donc. « Je l’ai amenée dans la cha- « pelle de Saint-Dunstan, où, suivant le testament de lord « Caldlieral, le mariage doit être célébré. C’est là qu’elle « vous attend, et je vous cherchais pour vous en prévenir, « lorsque j’ai ôté arrêté par les gens du constable et de « lord Fingae; mais j’espère vous faire remettre par un « de mes gardiens ce billet que je vous écris à la hâte. Ne « perdez pas de temps et courez à la chapelle.
« Signé Victor. »
strounn. Qu’est-çe que cela veut dire?
lord fingar. Qu’après notre départ et celui de Carill qui est venu nous rejoindre, Victor, demeuré maître de la place, aura enlevé la seule femme qui restait au chàtcam strounn. Il n’y avait que ma fille!
'"lord itngar. Justement.
strounn, hors de lui. Que j’avais enfermée moi-même dans la salle de Robert Bruce.
lord fingar. Tu le vois bien. (A part.) Et mons Victor qui ne la connaissait point...
strounn. Courons vite.
LonD FINGAR. Non pas; j’ai manqué d'être trahi, d’être joué à tous les yeux; et ce sir Edouard, ce rusé Victor ce traître de Carill, je me vengerai d’eux tous. strounn. Ce sera bien fait.
LORD FINGAR. En faisant ta fortune...
strounn. C’est encore mieux.
lord fingar. Et comme Victor, que j’ai mis sous la
LES DEUX NUITS
garJc du constable, ne peut prévenir son mattrc que la ruse est découverte, il me faudrait pour lui remettre ce billet quelqu’un en qui il eût confiance.
LORD FINGAR ET ÉDOUARD, à part.
Ah ! c'est charmant! comme il est pris! Jurons, etc., etc.
(Edouard sort.)
Les précédents, CARILL.
carill. Milord, je venais vous dire que voilà vos amis qui vous cherchent.
lord FiNCAR, à part. C’est ce coquin de Carill. carill. Je voudrais bien savoir où en sont les affaires. lord fingar. Approche et écoute. Quand ces messieurs seront réunis, tu remettras devant nous et mystérieusement ce billet à sir Edouard que tu connais. carill. Moi!..
lord fingar. Pas un mot de plus.
sthounn, le menaçant. Ou sinon...
lord fingar, lui faisant signe de se taire et s'adressant à Carill. Et voilà pour ta peine.
carill. Et de trois! il parait qu'il y a du profit à se mettre de tous les partis ; Milord peut être sûr que mon zele et ma fidélité... (A part.) Il y en a un des deux que je trompe, c’est sûr; mais je ne sais pas lequel.