‹ Å’uvres illustréesChapitre 23 sur 1154 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les précédents, RODOLPHE, LE ROI, DIONIGI, RUG- GIERI et quelques Courtisans, zanetta, courant à Rodolphe > Tout va à merveille... ma pétition... vous savez bien... j’ai la signature de la princesse... Tenez, tenez... et la recommandation de M. le baron.

Rodolphe. C’est bien.

zanetta. Lisez tout de suite, et surtout ne me faite* pas languir, comme il arrive toujours avec vous autres, messieurs de la cour.

hodolpiie, souriant. Sois tranquille, mon enfant... sois tranquille... (Zanetta sort.) mathanasius. Monsieur le comte a l’air bien joyeux. . noDOLPHE, ouvrant la pétition. Oui, j imais je no me suis senti plus dispos et mieux portant.

le uot, qui causait bas avec tes courtisans, s’avançant au bord du théâtre. Oui, Messieurs, je vous annoncerai, demain, solennellement et officiellement, une importante nouvelle, qui convient fort à M. le baron. mathanasius, à part, faisant la grimace. Joliment. Rodolphe, qui vient de lire. O ciel!., cc soir... à dix heures, feignez d’être malade!

mathanasius, l'observant. C'est bien pour lui. le roi. Nouvelle qui vous plaira, j'en suis sûr; car cc sontdo nouveaux plaisirs qui nous arrivent... sans compter ceux d’aujourd'hui.

dionigi. Le concert sera charmant.

ruggieri. Et le bal délicieux!

le noi. Quoique ma sefeur no puisse y paraître qu’un instant.

ruggieri et dioN! (St. En vérité!

le roi. Elle sera obligée de sc retirer de bonne heure. matuanasius, « part, avec colère. C’est bien cela... tout s’accorde !

le roi, bas, à Mathanasius. À cause du départ de demain et des préparatifs nécessaires... Vous savez? mathanasius, à part. Oui, je ne sais que trop bien. le ROI. Mais nous... nous y passerons gaiement toute la nuit... N’est-ce pas, Rodolphe?.. (Le regardant.) Ah!., mon Dieu! qu’as-tu donc?

rodolpiie. Rien, sire; je ne me sens pas bien... une douleur soudaine et rapide...

mathanasius, à part < A merveille!., éela commence. (Haut.) Vous qui, tout à l’heure encore, vous portiez si bien...

Rodolphe. Oui, c’est inattendu... un frisson. . une chaleur intérieure... une fièvre qui n’a rien d’apparent.

le noi. Eh mais! voilà monsieur le baron!., un docteur distingué... qui ue se trompe jamais. Il nous dira ce que c’est ..

RODOLPHE, à part. Ah! diable... cela devient plus difficile ..

mathanasiüs, lui tâtant le pouls et secouant la tête. Hum! hum !..

Tous. Eli bien ! eh bien!

mathanasius. C’est grave très-grave!., rodolfiie, ne pouvant retenir un éclat de rire. En vérité!».

matiiaNAsiub. Vous rie*!., et vous avez tort; ce n’est pas risible... Vous êtes dans un état qui peut devenir tièsdangereux.

ZANi'TTA.

ROboLPiiE, à paît. Ali! l’excellent docteur!., c’est charfilant!

matiianasius. Il y va de la vie .. jeune homme! le roi, vivement. Serait il possible?

Rodolphe. Il me seconde à merveille? ( Feignant de souffrir.) Ah ! je crains bien qu’il ne me soit impossible d’aller ce soir à ce concert, à ce bal !

MATiiANAsius. Comme docteur, je le défends!.. Vous resterez ici, de peur d’aggraver le mal, qui n’est déjà que trop considérable; et, si de simples mesures de précaution ne suffisent pas, j’ai, de plus, une ordonnance d’un effet immanquable, qùe je vais fairo préparer... si vous voulez bien me le permettre.

le roi Comment donc?..

matiianasius, faisant signe à son valet, qui est resté au fond, et lui parlant à part. Tchircosshiro, il me faut trouver trois lazzaronis armés de leur escopette, trois bra* vis dont tu sois sûr.

icuiRCOssniRE. la!

matiianasius. Qu’avant dix heures du soir ils soient en embuscade dans le bosquet qui entoure le pavillon de Diane.

TcniRcossntnE. la!.

matiianasius Et s'ils voient un homme vouloir escalader le balcon...

tciiircossiiire. la !

matiianasius, faisant le geste de tirer. Cinquante ducats à chacun!., cela rentrera dans les fonds secrets de l’ambassade.

tciiircossiiire. la! (U s’éloigne.) noDOLPUE, pendant ce temps et bas, au roi. Je suis désolé, sire, de ce contre-temps... Vous, qui comptiez sur moi pour retenir ce soir le docteur!

le roi, à demi-voix. Je n’en ai plus besoin ; j’ai mieux que cela. Tu sauras tout demain matin.

Rodolphe. Bonne chance à Votre Majesté f le roi, sortant. Adieu, Rodolphe... adieu!

RUGGiERi, s’apprêtant à le suivre. Adieu, mon cher. Je suis vraiment bien peiné; ma's nous viendrons te tenir fidèle compagnie... nous viendrons tour à tour assidûment.

dionigi, bas, à Matiianasius. Ab çà! docteur, qu’est-ce qu'il a donc, décidément?

matiianasius. Quoi! vous ne l’avez pas deviné?.. Cette maladie terrible... contagieuse. .. qui ne fait pas degràce...

RUGGiERi, s’éloignant de Rodolphe. O ciel!., la maladetla !

matiianasius. Précisément... Je lui disais bien que, s’il n’y prenait garde, il y allait de sa vie.

dionigi, s’éloignant de Rodolphe avec frayeur. Adieu, Rodolphe, adieu !

RUGGiERi, de même. Adieu, mon cher, à bientôt ! dionigi. Certainement, à bientôt!

RUGGiERi. Adieu, adieu au plaisir! [Ils sortent tous.)

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