‹ Å’uvres illustréesChapitre 232 sur 1154 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

PHILIPHE, seul. Au fait, quelle imprudence j’allais commettre ! le défier chez lui, au milieu de sa famille ! Et puis, oser provoquer mon supérieur! j’aurais été saisi, arrêté. Ecrivons, cela vaut mieux. Oui, en lui demandant raison d'une insulte mortelle... je le connais, il" est brave, il y viendra. Impossible, d’ailleurs, qu’il soupçonne quel est son adversaire. (Il se met à table et parle en écrivant.)

RÉCITATIF

Seul, sans témoins, la nuit.

Dans le bois d’orangers où j’ai caché mes armes.

(On entend en dehors un air de danse.)

De l’orchestre et du bal j’entends d’ici le bruit.

Du plaisir iis goûtent les charmes ;

Je vais eu cris de deuil changer ces chants joyeux.

(Achevant d'écrire.)

Oui! oui! la mort de l’un des deux,

La mort!

(Il se lève.)

AIR

Et Carlos est mon bienfaiteur !

Je vais, dans ma rage cruelle.

Lui ravir un ami fidèle.

Lui ravir l’époux de sa sœur,

Non, non, non l’époux de sa sœur,

Mais le ravisseur de la mienne!

Ce mot seul ranime ma haine Et me rend toute ma fureur.

On vient. Allons retrouver Sanche .le, et chargeons-Ia de remettre ce cartel. ( Il sort par la porte à gauche, sur la ritournelle de l’air de danse que l’on entend toujours.)

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