SCENE III
Les précédents, RODOLPHE.
(Rodolphe entre vivement, salue de loin et avec respect la princesse et les dames qui l’entourent.)
la princesse, avec émotion. C’est lui!.. (Tous les regards se tournent vers Rodolphe, qu’on examine curieusement. Rodolphe s’approche de Mathanasius et lui tend la main gauche, que celui-ci secoue vivement.)
mathanasius, à part, et regardant le bras de Rodolphe C’est étonnant...
Rodolphe, traversant et s’approchant de laprincesse. Son altesse se porte-t-elle bien?
la princesse, avec émotion. Et vous, monsieur le comte, on vous disait souffrant...
mathanasius. Oui... hier soir... cette attaque de fièvre si subite... nous avait tous effrayés.
Rodolphe. Tout cela s’est dissipé... et ce matin, il n’en reste aucune trace...
mathanasius, vivement, en lui prenant la main droite qu’il secoue plus fortement que l’autre. J'cn suis enchanté... (A part.) Rien!., pas blessé...
laprincesse, stupéfaite, à part. Ah! je reprends ma colère...
mathanasius Que sont-ils donc venus me raconter?.. la princesse, d Rodolphe, lui montrant son métier à tapisserie. Que pensez-vous de ce dessin, monsieur le comte?..
Rodolphe, s’approchant. Délicieux!
la princesse, à voix basse. Je vous ai attendu hier. Rodolphe, de même et avec embarras. Un obstacle terrible, imprévu... (Haut et ayant l'air d’examiner la tapisserie.) Ce bouquet me semble nuancé avec une délicatesse admirable...
la princesse, à votx haute. Vous trouvez?..
Rodolphe, à voix basse. Une affaire diplomatique, dont le roi m’avait chargé. (Haut.) Ces couleurs-là sont un peu sombres peut-être...
la princesse, avec intention. Oui... il faudrait éclaircir, si c’est possible... (Bas.) Le roi aurait-il des soupçons?
Rodolphe. Je le crains... car retenu hier et renfermé par lui... (Au baron qui s'approche, et lui montrant l’ouvrage de la princesse.) N’est-ce pas, monsieur le baron... il y a là un peu de confusion?
la princesse. Un peu d’obscurité...
mathanasius, examinant la broderie. Oui... oui... je suis de l’avis de votre altesse, tout cela me semble fort obscur... (A part.) Impossible d’y rien comprendre... et d’autant plus que j’ai vu de mes yeux... des taches de sang... Qui donc alors cela peut-il être?
le page, annonçant. Le roi. Messieurs I (Tout le monde se lève.)
Les précédents ; LE ROI, ayant le bras en écharpe.
laprincesse, courant à lui. Eh ! mon Dieu!., qu’adono Votre Majesté?..
le roi. Rien, ma chère sœur .. moins que rien... Uflfl égratignure... Hier, en sortant du bal, où il faisait une chaleurétouffante... j’ai voulu prendre l’air... dans les jardins...
la princesse. Et vous êtes tombé?..
le roi. Non... je me promenais... tranquillement... du côté de l’appartement de ces dames et du vôtre... le pavillon de Diane...
mathanasius, à part. Les maladroits!.le roi, gaiement. Lorsque tout à coup... j’ignore qui | diable s’amuse à chasser dans mon parc à cette heure-là... plusieurs eoups de feu partis d’un bosquet...
RODOLPHE ET LA PRINCESSE. Blessé... blessé... le roi. Gela ne vaut pas la peine d’en parler... Mais si I je peux découvrir les braconniers à qui je dois cette surprise... je les ferai pendre...
mathanasius, à part, avec terreur. Ah! mon Dieu!.. le roi. Non pour moi... mais pour ces dames, que cela pouvait effrayer...
rodolpiie, bas. Quelle imprudence, sire!.. le roi, de même. Que veux-tu?., j’avais un rendez-vous de la baronne...
Rodolphe, bas. Et tenter de gravir ce balcon... le roi, de même, en riant. Du tout, je descendais...