‹ Å’uvres illustréesChapitre 312 sur 1154 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

FRÉDÉRIC, se tenant à l’écart; HENRIETTE sortant de l’hôtel de Saldorf.

Henriette, sur le pas de la porte. Il le faut; Madame est plus tranquille , et veut absolument que je rentre chez moi , que je dorme. Ah ! mon Dieu, qui vient là ? (yi Frédéric.) Ah! que j’ai eu peur!

Frédéric. O ciel! cette voix que je crois reconnaître, n’est-ce pas Henriette?

Henriette, courant à lui. Monsieur Frédéric! Comment! vous trouvez-vous ici à une pareille heure, sur ce boulevard isolé?

Frédéric. Mais toi-même...

LA FIANCÉE

Henriette. Je rentrais à la maison, un peu tard il est I vrai, car j'étais restée auprès de madame de Saldorf qui est malade.

Frédéric. Et qu’a-t-elle donc?

HENRIETTE. Elle est souffrante. Elle était agitée, elle a eu un peu de üèvre, et cependant elle m’a renvoyée, elle a renvoyé tous ses gens; elle a voulu rester seule.

Frédéric, à part. Seule! (Haut.) Adieu, ma clièrc Henriette, je ne veux pas t’empécher de rentrer chez toi; demain nous nous reverrons...

Henriette. Je sais, monsieur le comte, que vous avez eu la bonté de faire ce matin une visite à la fille de votre vieux jardinier.

FRÉDÉRIC. Dis plutôt à une amie d’enfance ; oui, je voulais voir une amie, j’en avais besoin, car je suis bien malheureux.

Henriette. Vous! qui avez tout en partage, la naissance, la fortune, l’estime publique! vous, que chacun envie !

Frédéric. Ah! s’ils savaient ce que je souffre!

Henriette. Que dites-vous?

Frédéric. Demain, ma bonne Henriette, nous causerons: nous parlerons de toi, de ton sort, et si je peux contribuer à l’embellir, lu sais quo je suis toujours ton ami, ton frère.

Henriette. Ah! je n’ai rien à désirer! je suis heureuse, calme et tranquille. Mais ce n’est pas la le moment de vous parler de mon bonheur, à vous qui avez du chagrin. A demain, monsieur Frédéric.

Frédéric. Bonsoir, Henriette , bonsoir.

Henriette, s'approchant de la maison à gauche. Ah! mon Dieu! toutes ces demoiselles sont couchées depuis longtemps. Heureusement je demeure du côté do la cour. Tâchons de rentrer sans bruit de peur de les réveiller.

• Elle! met la clé dans la serrure , ouvre la porte doucement et entre dans la maison à gauche. Pendant ce temps, Frédéric, qui a eu l’air de remonter le théâtre, s'approche à droite de la porte de l’hôtel de Saldorf , qui est restée ouverte depuis la sortie d’Henriette, et y entre vivement.)

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