SCENE X
Les précédents, SALDORF, tous les gens de la noce, MADAME CHARLOTTE, MINA et ses jeunes Compagnes, tenant des bouquets.
CHŒUR, entourant Fritz et Henriette.
Voici l’instant du mariage.
Quel jour heureux! quels doux moments!
Jeunes époux qu’amour engage,
Venez former ces nœuds charmants.
saldorf.
Enfin, rien ne manque à la fête.
toutes les jeunes filles , offrant des bouquets à Fritz et à Henriette.
Partons, la noce est prête.
Henriette, se retournant et apercevant Fritz.
Vous voilà! Qu’avez vous? D’où .vient cette pâleur?
MADAME CHARLOTTE
Est-ce un effet de son bonheur ?
fritz, à madame Charlotte.
On me trahit.
MADAME CHARLOTTE
Est-ce possible?
FRITZ
On me trompait.
SALDORF.
Y penses-tu?
FRITZ
Je sais tout, j'ai tout entendu.
MADAME CHARLOTTE
Tromper un cœur tendre et sensible !
FRITZ
Je sais qu’un jeune homme, uu amant.
Est sorti cette nuit de son appartement.
(Les compagnes d’Henriette, gui sont autour d’elle, à la droite des spectateurs, s’éloignent en ce moment, et passent toutes à gauche, du côté du pavillon.) ENSEMRLE.
FRITZ
Après un tel outrage.
De mon aveugle rage Redoutez les effets.
Non, plus de mariage;
J’y reuonce à jamais.
LA FIANCÉE
HENRIETTE
Quel indigue langage!
D’un soupçon qui m’outrage Suspendez les effets.
A lui l’amour m’engage; Rccevez-en pour gago Le serment que je fais.
SALDORF.
Quoi malheur! quel dommage!
11 la croyait si sago!
Je vois qu’il est un fait.
C’est quelque bavardage Qui rompt son mariage.
Je fus pourtant discret !
madame charlottb et les ouvrières.
Voyez donc, à son âge ,
Le jour du mariage Faire do pareils traits!
Avec cet air si sage !
A qui donc, en ménage.
Se fier désormais!
FRÉDÉRIC
Que dit-il? quel langage!
Quoi! c’est moi qui l’outrage?
O funeste secret!
Je romps son mariage.
Et le nœud qui l’engage.
Malheureux, qu’ai-je fait?