SCENE VI
Les précédents; MADAME CHARLOTTE, FRITZ, MINA, et plusieurs demoiselles du magasin, sortant de la porte à gauche et s’arrêtant au fond pour écouter.
MADAME charlotte.
Eh! mais, quel bruit fait-on chez nous?
FRITZ
C’est Henriette; taisez-vous.
Henriette, retenant Saldorf.
Un seul instant écoutez-moi.
SALDORF.
Non, je cours le punir, l’honneur m’en fait la loi.
HENRIETTE
Gardez-vous d’écouter l’erreur qui vous abuse.
SALDORF.
Une erreur, dites-vous? quand, d’après vos récits... HENRIETTE.
Pour me justifier je cherchais une excuse ;
Et vous tromper alors pouvait m’être permis.
Mais l’honneur me défend de souffrir qu’on accuse Une autre d’un forfait que moi seule ai commis.
saldorf, avec joie.
Quoi! ma femme?..
Henriette, à voix basse.
N’est point coupable.
SALDORF.
Et Frédéric?
Henriette, de même.
Il a ma foi.
SALDORF.
Ce rendez-vous?
Henriette, de même.
Etait pour moi.
SALDORF.
Et celle qui l’aime?..
Henriette, de même.
C’est moi ;
C’est moi seule, c’est moi;
Je le confie à votre foi.
FRITZ, MADAME CHARLOTTE ET LES JEUNES FILLES, restées au fond du théâtre, s'avançant en ce moment.
O trahison épouvantable !
Elle convient de son forfait!
Henriette, avec effroi.
O ciel! on m’écoutait!
FRITZ
Ah! c’est indigne! ah! c’est infâme.
Craignez le courroux qui m’enflamme !
Elle en convient! ah! quelle horreur!
Non, rien n’égale ma fureur !