LA PRINCESSE, LE GRAND-DUC
le grand-duc. Je vois ta surprise, tune m’attendais pas à une heure semblable; mais j’ai aperçu de la lumière dans ton appartement, et comme je voulais te parler demain matin d’une affaire importante qui nous intéresse tous les deux, je n’ai pas eu la patience d’attendre. la princesse, à part. Etluiquiva venir! Je suisperdue!.. le grand-duc. Prends ce fauteuil... Oui... Comme tu me regardes !... Prends ce fauteuil... et causons de bonne amitié. (S’asseyant.) Sais-tu que je suis enchanté de mon idée? c’est une bonne fortune de pouvoir te parler librement et sans témoin; aussi je suis décidé à en profiter, et nous allons avoir une longue conférence... Eh bien! qu’astu donc?
la princesse, assise et prêtant l’oreille du côté de la porte à droite. Rien. J’avais cru entendre...
le grand-duc. Sois tranquille ; qui veux-tu qui vienne ici à cette heure? Tu te doutes bien que je veux te parler du prince de Neubourg : il t’aime beaucoup, tu le sais. Ne serait-il pas convenable d’abréger le temps de son épreuve et de lui déclarer franchement tes sentiments?
la princesse, sans l'écouter, et regardant autour d'elle. Oui... oui... Certainement je pense comme vous. (A part.) Ah! combien je souffre!
le grand-duc, souriant. Comment, il serait vrai! Eh bien ! je ne t’aurais pas crue aussi raisonnable, ni aussi disposée à m’obéir.
la princesse, se levant de son fauteuil. Moi ! ah ! croyez que désormais rien n’égalera ma soumission, mon obéissance.
le grand-duc. Eh mais! je n’en ai jamais douté. (Se levant aussi.) Je craignais seulement que tu ne voulusses différer, demander du temps; mais puisque tu consens, demain je déclarerai publiquement ton mariage avec le prince de Neubourg. la princesse. O ciel! que dites-vous?
le grand-duc. Tu viens toi-même dê m’y autoriser, et j’ai ta parole.
la princesse. Qui? moi! j'ai pu promettre?.. Ah! si votre fille vous est chère, je vous prie, je vous supplie. .
MORCEAU D’ENSEMBLE
(Léger bruit indiqué par l’orchestre.)
LA PRINCESSE, éCOUtünt.
O ciel !
LE GRANP-DUC,
Quelle frayeur t’agite ?
Te voilà tremblante, interdite !
D’où vient le trouble où je te vois?
la princesse, écoutant toujours.
C’en est fait... oui, oui, cette fois Je ne me trompe pas, et tout mou sang se glace.
Un vient!.. Ah! l’on vient! grâce!
• Oui, mon pere, quand vous saurez!
LE GRAND-DUC
Par la terreur vos traits sont altérés.
Parlez !
LA PRINCESSE
C’est moi, c’est moi, mon père,
Qui mérite votre colère !
LE GRAND-DUC
Que dites-vous?
(La porte à droite s’ouvre .)
LA NE1GL
LA PRINCESSE
(A p art.) Apprenez... Dieux,
Ce n’est pas lui!