TOUS TROIS
O contre-temps cruel!
LA PRINCESSE
Que résoudre et quel parti prendre?
Amour, daigne nous seconder :
Toi seul ici peux nous guider.
ENSEMBLE
Tendre amour, favorise Notre entreprise ;
De nous le sort aura pitié,
Car nous avons pour devise :
L’amour et l'amitié.
mademoiselle de wedel, qui a été ouvrir la dernière croisée.
Que vois-je sous cette fenêtre?
Un traîneau que l’on a laisse :
C’est un de ceux qui, ce matin peut-être.
Sillonnaient le lac glacé.
Quelle idée il m’inspire!
(A la princesse.)
Comme moi vous allez souscrire A ce joli projet.
m. de linsberg et la princesse.
Mais quel est-il?
mademoiselle de weuel.
C’est mon secret;
Mais à l’espoir mon cœur se livre.
Vite une écharpe.
m. de linsberg, fouillant dans sa poche, et en tirant un large ruban bleu.
Non; c’est l’ordre de Neubourg!
mademoiselle de wedel, prenant une écharpe qui est sur la toilette de la princesse.
Voilà oui me suffit. Bientôt, par son secours,
D'esclavage je vous délivre...
M. DE LINSBERG ET LA PRINCESSE
Mais quels sbnt vos projets?
mademoiselle de wedel.
Vous le saurez après ;
(Les entraînant.)
Il faut d’abord me suivre.
Venez, venez!
ensemble.
Que l’amour favorise Notre entreprise ;
Qu’il soit avec nous de moitié!
Marchons, marchons sous la devise De l’amour et de l’amitié.
(. Pendant la ritournelle de ce morceau, ils descendent par la porte vitrée du fond, et un instant après , par \ cette porte et les deux croisées qui sont restées ouvertes, on aperçoit dans le lointain M. de Linsberg enveloppé de son manteau et assis dans un traîneau. Mademoiselle de Wedel est devant qui le traîne par l'écharpe qu’elc y a attachée. La princesse est derrière, appuyée sur le traîneau qu’elle semble pous-
ser. Ils marchent avec précaution et d’un air craintif, pendant que l’orcheslre reprend en sourdine le motif de l’air précédent. La toile tombe.)