‹ Å’uvres illustréesChapitre 392 sur 1154 · LA PRINCESSE ET M. DE LINSBERG · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE ET M. DE LINSBERG

Ah' grand Dieu! quel soupçon m’agite malgré moi.

D'où vient qu’en l’écoutant mon cœur frémit d’effroi?

LE GRAND-DUC

Inconnu dans ma cour, sans parents, sans naissance.

Tous ces soins paternels donnés à ton enfance,

Tout ne vous dit-il pas?..

LA PRINCESSE

Achevez.

M. DE LINSBERG.

Je frémis.

LE GRAND-DUC

Que Linsberg m’appartient; que Linsberg est mon fils.

M. DE LINSBERG.

Votre fils !

(La princesse pousse un cri et se jette aux genoux de son père, M. de Linsberg se cache la tete entre les mains. Le grand-duc les regarde un instant en silence, puis souriant avec bonté il leur prend la main et les relève lentement.)

LE GRAND-DUC

D’où vient l’effroi qui v«?us agite?

Louise, Ernest, mes enfants, levez-vous.

LA PRINCESSE

Votre fils!

LE GnAND-DUC.

Et pourquoi cette frayeur subite?

Sans doute il est mon fils, puisqu’il est ton époux.

M. DE LINSBERG ET LA PRINCESSE

O ciel ! que dites-vous?

O céleste Providence!

Tu nous rends l’innocence Ainsi que le bonheur!

LE GRAND-DUC

Oui, calmez votre frayeur,

Je savais tout le mystère.

Ingrats, vous redoutiez un pèro Qui se venge en vous unissant.

ENSEMBLE

O clémence! 6 bonté tutélaire!

Et que notre crime était grand!

Hélas! nous redoutions un père Qui se venge en nous unissant.

LE GRAND-DUC

On vient ; silence !

Page 1