‹ Å’uvres illustréesChapitre 401 sur 1154 · ROGER, LÉON · texte numérisé non relu

ROGER, LÉON

O hasard tutélaire ! .

Quel moment pour mon cœur!

Le ciel qui m’est prospère Me rend mon bienfaiteur.

MADAME BERTRAND

Il connaît ce seigneur,

Tout lui devient prospère,

Tout lui porte bonheur.

BAPTISTE

Quel est donc ce mystère?

Quoi! ce jeune seigneur Embrasse mon beau-frère!

Ah! pour nous quel bonheur!

BAPTISTE

Mais comment donc se peut-il faire,

Que vous yous connaissiez tous deux?

roger, bas.

Taisez-vous donc, mon cher beau-frère,

Vous le saurez.

LÉON

Non pas, je veux Devant vous proclamer moi-môme Ce que je dois à son secours.

ROGEn.

Que dites-vous?

BAPTISTE

Bo'nheur extrême!

LÉON

Oui, c’est lui qui sauva mes jours.

Occupé d’une image obère.

Et bercé par un doux espoir.

Non loin de ce lieu solitaire,

En secret j’errais l’autre soir.

Lorsqu’à mes yeux, dans la nuit sombre,

Des meurtriers s’olfrent soudain.

Surpris, accablé par le nombre,

Je voulais résister en vain.

Le sort trahissait ma vaillance.

Quand tout à coup, dans le lointain.

Pour ranimer mon espérance.

Je crois entendre ce refrain :

Du courage.

Du courage,

LE MAÇON

Les amis sont toujours là.

C’était lui ! le voilà!

ROGER

Je revenais de l’ouvrage,

Et mes armes sur le dos.

Je revenais de l’ouvrage Pour goûter un doux repos.

, Pensant à mou mariage,

Et pour abréger mon voyage,

Je marchais en chantant,

Galment,

Tra, la, la, la...

Quand je crois entem1r»des cris.

Et je vois ce brave jeune homme Qui se dérendait, Dieu sait comme,

Quoiqu’il fût tout seul contre six.

LÉON

Près de moi soudain il s'élance.

nOGER.

Son exemple me donu’ du cœur.

LÉON

Déconcerté par sa présence,

ROGER

Intimidé par sa valeur,

LÉON

L’ennemi s’enfuit en silence.

ROGEn.

Nous restons maltr’s du champ d’honneur.

Mais croirez-vous qu’avec mystère,

Mon sauveur s’obstine à me taire Son nom, son adresse? oui, vraiment!

A peine puis-je, en l’embrassant,

Lui glisser, et sans qu’il s’en doute.

Le peu d’or que j’avais sur moi.

U s’éloigne, je l’aperçoi Qui gaime..t s’était mis en route;

Et seulement dans le lointain J'entendais encor ce refrain :

Du courage.

Du courage,

Les am.s sont toujours là.

Baptiste, à madame. Bertrand.

Pour la famiir quel avantage,

D'avoir un frèr’ comm’ celui-là!

ensemble.

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