MADAME BERTRAND ET BAPTISTE
Voilà donc ce mystère!
Tout lui porte bonheur;
Par un destin prospère Il trouve un protecteur!
madame Bertrand, à Léon qui a eu l’air de l'interroger pendant (a ritournelle du morceau. Oui, Monsieur : Roger, un maçon, faubourg Saint-Antoine. ( Léon tire un calepin de sa poche et écrit. Pendant ce temps madame Bertrand passe de l’autre côté du théâtre, à la droite de Baptiste.)
Baptiste. C’est donc ainsi qu’il s’est trouvé propriétaire de cinquante louis?
roger. Oui, sans doute; et c’est à Monsieur que je dois mon mariage ; car jusque-là, malgré notre amitié, tu me refusais ta sœur. Mais à la vue de ma nouvelle opulence...
Baptiste. Écoute donc, mon ami, c’est tout nature! : tu as changé de fortune, et j’ai changé d’idée; ça arrive ous | les jours comme cela. (Bas, à madame Bertrand.)! >us j voyez bien, madame Bertrand, avec vos conjectures!
madame Bertrand. J’avais peut-être tort : à coup sûr, il y avait quelque chose ; etmème maintenantencore ça n’est pas clair. Car qu’est-ce que ce monsieur allait faire la nuit | le long des boulevards neufs?.. (On entend un bruit dans ] l’intérieur de l’auberge.) A la santé des mariés!
Baptiste. Entendez-vous? moi qui suis le beau-frère, il n’est pas convenable que l’on boive sans moi. Venez-vous, madame Bertrand?
madame Bertrand. Ou , sans doute, d’autant plus que ces messieurs ont probablement des secrets à se communiquer. Je suis pour ce que j’en ai dit : il y a là-dessous quelque mystère, et ça n’est pas naturel. (Elle entre dans l’auberge avec Baptiste.)