SCENE XIV
Les précédents; LÉON, que poursuivent plusieurs esclaves, et qui tient dans ses bras Irma évanouie.
LÉON
Laissez-moi! Iaissez-moi!
LE MAÇON
(Ils entrent par la porte à droite; et Léon, en entrant , jette une poignée d'épée brisée.)
Léon, à ceux qui le poursuivent.
Mon glaive, en se brisant, a trahi ma vaillance,
Deux de vos compagnons sont tombés sous mes coups.
Frappez ! pourquoi m’épargnez-vous?
(Epuisé d’efjorts et de fatigue, il tombe dans les bras des esclaves qui l’entraînent. Pendant ce temps, une partie des esclaves prépare, à gauche, les chaînes qui vont attacher Léon au pilier ; et les autres entourent, à droite, Irma évanouie sur le banc de gazon, et lui mettent des chaînes.)
léon, au milieu du théâtre, et soutenu par deux esclaves.
C’en est fait! pour nous plus d’espoir! roger, travaillant dans le fond, et l’apercevant. Ciel! que viens-je de voir!
(Chantant à haute voix.)
Du courage !
Du courage!
Les amis sont toujours là !
(Aux premières mesures de ce refrain, Léon qui, presque anéanti, était tombé un genou en terre, se ranime, se relève et aperçoit Roger qu’il reconnaît .) usbeck, allant à Roger.
Silence! ou bien mon bras te punira!
(Il fait signe aux esclaves, qui entraînent Léon vers le pilier où on l’attache.) roger, à Usbeck.
Arrangez-vous, c’est mon usage, i Je ne travaille qu’en chantant.
Du courage!
Du courage!
usbeck, allant près de Rica.
Pour toi, tu sais le destin qui l’attend.
(Rica pousse un cri d'effroi, et est entraîné par les esclaves.)
usbeck, aux autres esclaves.
Sortez! sortez à l’instant!
LÉON
Barbares! arrêtez! le ciel nous vengera!
(Usbeck fait sortir tout le monde par la porte à droite, qui est à l’instant fermée par la grande pierre qu’on entend sceller en dehors. Quant au mur du fond, il est presque achevé : Roger vient de placer la dernière pierre. Une obscurité totale couvre la scène. Irma pousse un cri et tombe de nouveau évanouie, et l’on entend en dehors.)
roger, qui chante encore Les amis sont toujours là!