‹ Å’uvres illustréesChapitre 427 sur 1154 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

HENRIETTE, en habit de la semaine. Il est grand jour! neuf heures viennent de sonner à Saint-Paul, et Roger n’est pas encore rentré! Hier, ils sont venus en grande pompe me conduire jusqu’ici, en me disant que le marié allait arriver. Aussi j’étais inquiète et tremblante; au moindre bruit, je craignais que ce fût lui... Ah! bien oui! d’abord j’avais peur ; et puis après, je ne sais comment cela s’est fait, à force de s’effrayer pour rien, on s'impatiente; et j’étais d’une humeur, d’une colère... Je l’ai ainsi attendu depuis hier soir, et sans oser fermer l’œil ; la belle nuit que j’ai passée !

AIR

(Pleurant de temps en temps.)

Sur notre hymen. . ah ! ah!

Moi je tremble d’avance !

Hélas ! qui me dira

Comment ça finira?

Puisque déjà... ah ! ah !

Voilà... ah! ah!

Comment cela commence.

Hier il me disait : j’ t’adore,

Et puis il ajoutait aussi :

Va, ce sera bien mieux encore Lorsque je serai ton mari !

Brûlant d’une flamme nouvelle,

Je te serai toujours fidèle.

Mais. . .

(Pleurant.)

Sur ses serments, ah! ah!

Moi je tremble d’avance !

Hélas! qui me dira Comment ça finira?

Puisque déjà... Ah! ah!

Voilà... ah! ah!

Comment cela commence.

Hier il me disait encore :

Il est, par un heureux destin,

Bien des chos’s que ton coeur ignore.

Et que tu connaîtras demain.

Ce s’eret dont il faisait merveille Est un mensonge, car enfin.

Je suis, hélas! au lendemain,

Et j’ n’en sais pas plus que la veille.

Pour ce secret, ah ! ah !

Moi je tremble d’avance!

Hélas! qui me dira, etc.

Ah ! mon Dieu ! qui vient là? ce sont toutes nos voisines, les commères du quartier, qui viennent me féliciter, il n’y a pas de quoi.

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