‹ Å’uvres illustréesChapitre 46 sur 1154 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LA MARQUISE, seule.

(M. Puer.)

Oui , mon repos l’exige , et mon cœur qui balance Ecoute trop longtemps des remords superflus;

Vers l’abîme fatal , où sans effroi j’avance,

Que m’importe un pas de plus? I

Bien jeune encore , hélas ! de la tendresse , I

De la vertu , je connus les douceurs;

Plus tard, j’ai vu se flétrir ma jeunesse Par les conseils d’infames séducteurs.

Jours innocents! jours heureux! jours prospères!

Vous avez fui loin de moi sans retour!

Et maintenant, de mes vertus premières Je n’ai gardé que mon premier amour.

O fatale ivresse !

O transports brûlants !

C’est vous qui, sans cesse,

Portez dans mes sens Ce feu qui rallume Son seul souvenir.

Et qui me consume Sans m’anéantir.

Bientôt, peut-être, l’heure Arrivera pour moi ;

Je l’attends sans effroi.

Qu’importe que je meure Pourvu qu’il soit à moi!

O fatale ivresse, etc.

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