SCENE
AMY, ÉLISABETH, entrant d'un air rêveur. amy, se levant et allant droit à la reine. Qui êtes-
Elisabeth s’arrête et regarde Amy d’un air étonné. Vue veut cette jeune fille? et d’où vient son trouble !
amy. Madame... [A part.) Je ne sais pourquoi, malgré mon ressentiment, son regard m’impose une sorte de jraintc et de respect.
ELISABETH Approche, ma fille, et ne crains rien; qu astu à me demander? parle, ...
AMY, timidement. Tout à l'heure, Leicester... quel motif si puissant aviez-vous de lui parler?
ÉLISABETH. Qu’cnteiids-je, et d’où vous vient tant d audace que d’oser épier les actions de votre souveraine .
am v à pari. Grand Dieu! c’est Elisabeth! qu ai-je fait, malheureuse!., {Haut.) Daignez, Madame, pardonner à une jeune fille sans expérience, qui n’ayant jamais eu le
bonheurde voir Votre Majesté...
ÉLISABETH. En effet, des traits tels que les vôtres ne peuvent s’oublier, et je ne me rappelle pas que vous ayez jamais été présentée à la cour ; comment et en quelle qua- 1 té vous trouvez-vous done à Kenilworth? est-ce parmi les dames de ma suite?
amy. Non, Madame.
Élisabeth. Vous y êtes venue sans doute avec un père, un mari?
amy. Non, Madame. , . ,
ELISABETH, d’un air de mépris. J entends. Qui donc a pu vous donner l’audace d’aborder Elisabeth, et de lui adresser la parole? , ,, , ..
amy. Mes aieux ont donné un asile à ceux de Votre Ma. jestc : la reine Marie ne l’avait point oublié, et, si elle régnait encore, jamais la fille de sir Hugues Robsart n eut été chassée de la cour et de la présence de sa souveraine.
Élisabeth. Qu’entends-je ! fille de sir Hugues ? vous êtes Amy Robsart ! vous êtes mariée?
amy. Quoi! Madame...
ÉLISABETH. Oui, c’est pour vous que votre pere demandait justice, vous, qu’un séducteur avait enlevée de ses bras... Mais répondez, sir Raleigb, votre mari, esMl mss trait?
amy, Sir Raleigh... mon mari...
DfTO.
ÉLISABETH
D’où vient ce trouble ? qu’avez-vous?
Oui, de Raleigh la conduite m’éclaire.
Je conçois ses soupçons jaloux;
Celle qui peut tromper son père Peut bien trahir son époux.
AMY
Moi, de Raleigh être la femme!
Jamais... On vous trompe, Madame.
Élisabeth, avec ironie.
On me trompe... lorsqu’en ces lieux, Raleigh et Leicester l’ont attesté tous deux. amy, stupéfaite.
Leicester! Non, quelqu’un le calomnie; Jamais il n’eût souffert une telle infamie-
ÉLISABETH
Quoi! votre cœur à présent le défend!
Mais enfin cet amant,
Cet époux, quel qu’il puisse etre.
Je veux ici le connaître,
Parlez.
AMY
Je ne le puis, hélas!
ÇLJSABLTII.
Vous ne pouvez le dire?
AMY
Non ; souffrez que je me retire.
Élisabeth, la retenant.
Non, vous ne sortirez pas.
ENSEMBLE
ÉLISABETH
Malheur au téméraire Qui voudrait me tromper!
A ma juste colère 11 ne peut échapper,
AMY
Que répondre et que faire?
Rien ne peut la toucher.
Aux traits de sa colère Qui viendra m’arracher?