SCENE IV
ÉLISABETH, seule.
RÉCITATIF
Et j’ai pu supporter une telle arrogance D’un sujet qui me doit ses honneurs, son crédit,
Comblé de mes bienfaits, partageant ma puissance!
Sur qui puis-je compter? Leicester me trahit!
Et seule sur ne trône où je suis exilée.
Quel autre ami me reste? et dans mon abandon,
A qui dire les maux dont je suis accablée,
Et raconter sa trahison?
• AIR
Dans l’exil et les fers J’ai passé mon jeune âgp,
Et j'ai, par mon courage,
Bravé tous les reyers ;
Mais }es soucis du trône,
Les soins de ma couronne,
Ne m’ont point causé de tourments Pareils à ceux que je ressens.
Il ne m’a donc jamais aimée?
Et quand je lui donnais mon cœur,
De mon pouvoir, de ma grandeur,
Sop âme seule était charmée.
Dans l’exil et les fers, etc,
Du moins, qu’il me redoute.
Lui qui put m’outrager :
Des larmes qu’il me coûte Je saurai me venger.
Comtesse de Leicester! et j’ai pu souffrir une telle arrog ince d’un de mes sujets? lui que j’ai comblé de mes bienfaits, lui que je voulais élever jusqu’à moi. Il ne m’a donc jamais aimée, et ce trône où mon amour l’appelait était le seul objet de ses vœux! (S’essuyant les yeux.) Allons, que ces pleurs du moins soient ma dernière faiblesse ! Ilolà! quelqu’un! Comte de Shrewsbury.