SCENE V
ÉLISABETH, SHREWSBURY, RALEIGH, plusieurs Seigneurs DE LA cour.
Élisabeth, apercevant Raleigh. C’est vous, Raieigh? vous êtes bien hardi de vous présenter devant moi.
raleigh. J’ignore en quoi j’ai pu déplaire à Votre Majesté.
Élisabeth. Restez, je veux vous parler. Seigneur de Shrewsbury, vous êtes maréchal d’Angleterre. Je vous charge d’attaquer Robert Dudley, comte de Leicester, comme coupable de trahison.
shrewsbury. O ciel! serait-il possible?
raleigh. Si c’est ce dont je me doute, ce doit être de haute trahison.
Élisabeth, se mettant à la table et écrivant. Je vais vops donner l’ordre de l’arrêter; allez rassembler tous nos gentilshommes, que mon ordre s’exécute, et qu’on le saisissç sans délai. Quant à sir Walter, celui-ci est aussi votre prisonnier; et vous in’en répondez sur votre tête.
shrewsbprv, à Raleigh, pendant que la reine écrit. Quoi! Milord, seriez-vous complice?
raleigh. Il le paraîtrait. Voici mon épée; mais si vous m’en croyez, mon cousin, vous ne vous hâterez point d’exécuter l’ordre de la reine : il y aurait peut-être du danger à arrêter Leicester, et demain on pourrait vous envoyer à la Tour de Londres, pour vous être trop pressé.
shrewsbury. Je vous renaerpie, Milord, je profiterai de vos avis.
raleigh. Pour împ, il n’y a pa§ d’inconvénient, et je suis prêt à vous suivre.
Elisabeth, qui a écrit, se lève, tenant le papier à la main. Non, Monsieur, je veux auparavant vous parler, et voir comment vous justifierez votre conduite ( Donnant le papier à Shrewsbury .) Allez et amenez le comte devant moi, dès que ma cour sera rassemblée. ( Shrewsbury sort.)