SCENE VII
Les précédents; SHREWSBURY, LEICESTER, sans êpce, SIR HUGUES, AMY, Dames de la cour.
Élisabeth, sans sévérité. Je vois, milord Shrewsbury, que mes ordres ne sont point encore exécutés.
shrewsbury. Le comte de Leicester a demandé lui-même à être conduit devant Votre Majesté, et j’ai pensé, Madame, qu’il était convenable...
Elisabeth, d’un air gracieux. Vous avez très-bien fait, nous n’avons rien à refuser au comte de Leicester ; il y a longtemps que son dévouement, sa loyauté, sa franchise, ont mérité notre royale protection, et c’est devant toute notre cour rassemblée, devant tout ce que l’Angleterre a de plus illustre, que nous voulons lui en donner une nouvelle preuve.
leicester, àpart. Grand Dieu! quel est son dessein? élibabetïi . Des raisons de politique et de convenance nous avaient obligée jusqu’ici, à tenir secrète une alliance que rien, maintenant, ne nous empêche défaire connaître ; nous sommes doue venue avec notre cour à Kenilworth, pour unir nous-même le comte de Leicester à la fille de sir Hugues Robsart.
leicester. Qu’eutends-je ! ■ robsart. Est-il possible !
AMY. Quoi! Madame, Votre Majesté daignerait... Elisabeth. Relevez-vous, ma fille, relevez-vous, comtesse de Leicester. Eh bien! Milord, tout est-il prêt, et pouvons-nous passer dans la salle du bal ?
shrewsbury. On n’attend que les ordres de votre Majesté. Élisabeth. Raleigh, vous me donnerez la main. [Au moment où il la lui présente.) Eh bien! mon conseiller, êtesvous content?
raleigh. Notre souveraine est encore là sage Elisabeth, ses sujets ne peuvent plus qu’admirer.
ÉLISABETH. Je crois que vous aviez raison ; le trouble, l’embarras où je les vois tous, me causent une satisfaction qui fait oublier ma colère; et vous, Raleigh?
RALEIGH. Je ne suis pas aussi généreux que Votre Majesté, (Froidement.) je suis toujours furieux.
Élisabeth. Vraiment! vous verrez que c’est moi qui, à mon tour, serai obligée de vous donner des conseils; en conscience, je vous les dois, et je vous lés promets.
shrewsbury, à Leicester. Allons, voilà Raleigh en faveur, et il est homme à en profiter.
leicester. Je le pense comme vous, et je l’en félicite. ÉLISABETH. Allons, Messieurs, partons, et hâtons-nous de profiter des réjouissances de Kenilworth ; demain matin, nous retournerons à Londres. Je n’exige point que vous me suiviez, Leicester, il est juste d accorder quelque chose à un nouveau marié, et nous vous permettons de rester à Kenilworth. Vous, Raleigh, je ne vous y laisserai point ; ( Regardant Amy.) l’air qu’on y respire ne vous vaudrait rien; vous nous servirez à nous et à ces dames. (Raleigh s’incline, et offre sa main à la reine qui l'accepte et qui sort, ainsi que toute sa suite )
AMY. Ah! mon ami, que je suis heureuse! et que de plaisir je me promets à ce bal! venez. Eh bien! qu’avez-
vous donc? vous ne m’entendez pas?
leicester^ qui jusque-là était resté dans une revene profonde, revenu à lui-même, présente la main à sa femme. A part, et comme faisant une réflexion. Roi d’Analeterre!.. (// donne la main à Amy et toute la cour sort par la galerie du fond, pendant le chœur suivant.)
CHŒUR
D’Élisabeth chantons la gloire ;
Et nous, ses heureux sujets.
Conservons toujours la mémoire De ses vertus, de ses bienfaits.