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SCÈNE PREMIÈRE

GU1MBARDIN1, seul, tirant sa montre. Le cardinal ne paraît pas, ni personne de sa maison! c’est que je

lui prouverais bien qu’un artiste n’est pas fait pour attendre, si ce n’étaient les deux heures un quart d’antichambre que j’ai déjà faites, et qui seraient tout à fait en pure perte. J’ai déjà regardé tous les tableaux,

Le soprano.

foutes les gravures, et je vais être obligé de recom- i mencer. Quel beau palais!., quels beaux meubles!.. | c’est ici qu'habite la richesse ; et moi, qui depuis si , longtemps cours apres elle, moi, Guimbardini, musi- | cicn distingué, à qui la scélérate tient toujours la dragée si haute, qu’il n’y a pas de gamme ascendante qui y puisse arriver.

Air de Rien de trop.

Ut, ré, mi, fa, sol, la, si, ut...

A chaque air, à chaque sonate, 1 Je crois enfin toucher au but :

Mais la fortune est une ingrate!

J’ai beau la poursuivre en chantant,

A m’éviter elle s’applique.

Et je crois que décidément Elle n’aime pas la musique.

Et de toutes mes avances il ne me reste que ma fierté, apanage du véritable artiste qui n’en a pas d’autre! {Regardant vers la droite.) Qu’est-ce que je vois là ? une femme! ( Saluant plusieurs fois.) c’est par elles qu'on parvient.

LAGNY.— Imprimerie de Viiut et Cie. — No f f .

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