SCÈNE IV
Les précédents, UN DOMESTIQUE.
le domestique. Un jeune homme qui a reçu une invitation de Monseigneur demande à lui parler, il signor Gianino.
le cardinal. C’est notre soprano. J’ai bien le temps de le recevoir, moi qui vais au Vatican; chargezvous de ce soin, ma chère madame Gertrude.
gertrude. Moi, Monseigneur? Je ne peux pas souffrir ces gens-là.
LE CARDINAL. D’OÙ vient?
gertrude. Je ne sais... je ne peux pas expliquer à Monseigneur.
le cardinal. Si, si... je vous comprends; mais priczle seulement de déjeuner ici, avec moi et mon neveu. gertrude. Si votre éminence l’exige?
le cardinal. Sans doute. ( Au domestique.) Les chevaux sont mis?
le domestique. Oui, Monseigneur.
LE cardinal. Mes gants violets! (Le domestique les donne à Gertrude, qui les présente au cardinal .) Je reviendrai bientôt; un déjeuner léger. (Il fait un pas pour sortir et revient .) Ah ! je n’y pensais plus, car mon neveu me fait tout oublier : on servira celle truite dont je n’ai mangé hier que la moitié; elle était excellente.
gertrude. Oui, Monseigneur.
le cardinal. Une truite du lac de Genève. Quel dommage que ce soit un canton protestant! De si bon poisson! Adieu, adieu ! Ah! ma pauvre Gertrude, je suis bien tourmenté! (U va pour sortir. Revenant.) Sauce genevoise, entendez-vous? (U sort par le fond ; le domestique le suit.)