SCÈNE PREMIÈRE
SAINT-BRICE, seul.
CHŒUR, que l'on entend au dehors.
(M. Blangini.)
Vive le vin! vive la danse!
A tous les plaisirs livrons-nous;
Buvons J leur douce alliance,
Buvons à ces heureux époux.
saint-brice, entrant par la porte du fond à droite. RÉCITATIF.
De ces lieux que j’abhorre, en vain j'ai voulu fuir :
Un pouvoir inconnu malgré moi m’y ramène.
(Regardant autour de lui.)
Oui, cette chombre est la sienne,
Et nul œil indiscret ne m’y vit parvenir,
AIR
O Dieu puissant! tpi que j’implore.
Toi qui sais mes tourments affreux,
Qu’une fpjs je la voie encore,
Et ce sont là mes derniers vœux !
Oui, du moins, qu’elle apprenne Que l’envie et la haine Ont (iésuni nos jours;
Et que, toujours fidèle,
Je vais mourir loin d’eljo,
En l’adorant toujours.
(En ce moment le chœur reprend avec plus de force. Il écoute ,)
Mais l’heure s’avance ;
Du bal qui commence L’on entend la danse. ,
O rage! ô fureur!
LA MARQUISE DE BRINVILLIERS
Li BtïQUiSE. Partez, partez «ur-lc-cliamp. — Acte 2, scèce 5,
Des chants d’allégresse Et des cris d’ivresse.
Lorsque la tristesse Règne dans mon cœur!
Dans cette demeure,
Où moi seul je pleure,
Où je maudis l’heure Qui trompa mes vœux; Leur destin prospère Double ma misère.
Et moi seul sur terre Suis donc malheureux !
CHOEUR, en dehors.
Vive le vin! vive la danse!
A tous les plaisirs livrons-nous; Buvons à leur douce alliance !
Buvons à ces heureux époux 1
SAINT -BRICE
Oui, l’heure s’avance;
Du bal qui commence L’on entend la danse...
O rage! ô fureur!
Ces chants d’allégresse, Et ces cris d’ivresse
Que j’entends sans cesse.
Déchirent mon cœur.
saint-brice. On vient; et si quelqu'un de la maison me découvre ici, dans son appartement! où me cacher! Dieu! c’est elle! et elle est seule. Voilà le premier bonheur qui m’arrive aujourd’hui.