‹ Å’uvres illustréesChapitre 54 sur 1154 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

SAINT-BRICE, HORTENSE, entrant par une porte du fond, sans voir Arthur.

HORTENSE, se jetant sur un fauteuil. Je n’y tiens plus. Les larmes me suffoquaient. J’ai pu m’échapper. Je peux donc pie irer seule un instant.

saint-brice, à part, et s'avançant doucement. Ah! elle est aussi malheureuse que moi!.. ( A demi-voix.) Hortense, je vous revois enfin; mais dans quel moment!

iiortense, se levant vivement. M. de Saint-Brice! ( Avec dignité.) Vous, Monsieur, vous dans ces lieux! qui vous a donné ce droit?

saint-brice. Mes droits! je les ai tous perdus; je

LA MARQUISE DE BRINVILLIERS

n’en ai plus d’autres que votre compassion, que votre pitié. hortense. Laissez-moi ; je ne dois plus vous voir.

DUO

(M. Blangini.)

saint-brice, la retenant par la main.

Un mot, encore un mot, Madame ;

C’est, avant de quitter ces lieux,

La seule faveur que réclame Des amants le plus malheureux.

hortense, avec ironie.

Vous malheureux !

Lorsqu’en vos serments infidèles,

Bravant mon trop juste courroux,

Vous trahissez pour d’autres belles Un cœur qui ne pensait qu’à vous.

saint-brice, vivement.

Que dites-vous?

Hélas! par une indigne trame,

Tous les deux on nous abusait.

Toujours constant, c’est vous, Madame,

Que mon amour accusait.

Et pénétrer de tels secrets,

Lorsque le serment qui j v^s j lio Nous sépare, hélas! pour jamais!

SAINT-BRICE

Comme moi, vous aimiez encore?

HORTENSE

Oui, pour mon malheur, je le crois,

Car de cet hymen que j’abhorre Je saurai respecter les droits...

Il faut partir, je vous l’ordonne.

SAINT-BRICE

Quoi! vous auriez celte rigueur!

HORTENSE

Arthur! lorsque tout m’abandonne, Qu’au moins il me reste l'honneur.

SAINT-BRICE

Vous perdre, c’est perdre la vie.

HORTENSE

Ah! partez, je vous en supplie.

SAINT-BRICE

Et vous m’aimez?

HORTENSE

Plus que jamais !

saint-brice, avec joie.

Je pars, je pars, je le promets.

LA MARQUISE DE BRINVILLIERS

ENSEMBLE

Il faut te fuir encore,

O toi, mes soûls amours!

Adi u! toi que j'adore,

Adieu doue, pour toujours!

( Saint-Brice est hors de lui, baise ses mains, et ne peut se décider à la quitter.) hortense. On vient ; vous me perdez.

saint-Brice. G’esl fait de nous Non! grâce au ciel,

c’est la marquises

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