SCENE XII
GUIMBARDINI, GERTRUDE, un Valet.
gertrude, au valet. Je vous dis que je l’ai vu. Eh! tenez , sur cette table. (Elle prend le bréviaire et le donne au valet.) Portez-Je vite. (Le valet sort avec le bréviaire.)
guimbardini, à part. Le voilà parti... ce n’est pas maladroit. (Haut.) Eh mais! madame Gertrude, comme vous paraissez agitée !
gertrude. Ah! ce n’est pas sans raison, monsieur l’organiste. Ce pauvre Gianino...
guimbardini. Que lui est-il arrivé? Est-ce qu’on aurait découvert la vérité?
gertrude. Comment, vous savez donc?
guimbardini. Il m’a tout avoué, c’est une femme. gertrude, effrayée. Silence!.. Bonté divine!., que Monseigneur, que personne au monde ne puisse soupçonner un pareil secret.
guimbardini, intrigué. Pourquoi donc?
gertrude. Au fait, puisque vous avez sa confiance... Imaginez-vous, je quitte le signor Searamella, le majordome de Monseigneur, que je voulais consulter làdessus, parce que je le consulte sur tout. « Sur votre « tète, m’a-t-il dit, dame Gertrude, ne vous mêlez « pas de ça; pareille affaire est arrivée, il y a quelques « années. Une cantatrice avait paru devant le saint- « père et les cardinaux, sous des habits d’homme; « on le sut. Elle et son mari, qui avait été son com- « plice, furent jetés dans le château Saint-Ange, « (Baissant la voix.) et on n’est pas sûr qu’ils en soient « jamais sortis.»
guimbardini, tremblant. Au... au château Saint- Ange... et le... mari aussi?
gertrude. Oh! lui... il était plus coupable d’avoir encouragé...
guimbardini, à part. Miséricorde! me voilà bien!.. Et moi qui ai attesté au cardinal que c’était... Heureusement qu’011 ne sait pas que je suis le mari, et que rien ne peut me découvrir.
LE SûrRANO.