‹ Å’uvres illustréesChapitre 560 sur 1154 · MADAME DE TRENEUIL, ANTÉNOR · texte numérisé non relu

MADAME DE TRENEUIL, ANTÉNOR

anténor. Ah ! Madame, si vous saviez, quel complot ! quel tissu d’horreurs !

MADAME DE TRENEUIL. Qll’aveZ-VOUS donc?

anténor. Je viens de les voir tous les deux... Ils dansaient.

madame de treneuil. N’est-ce que cela?

anténor. Oh! vous n’y êtes pas. Je me suis glissé doucement derrière eux. J’ai cru d’abord que M. de Presle m’avait vu; mais non, grâce au ciel! et la preuve, c’est qu’il continuait à lui parler avec feu ; il lui disait : a Oui, votre sœur s’oppose formellement à « notre union. »

madame de treneuil. C’est vrai.

anténor. Ah ! je vous remercie! Non, au contraire, c’est cela qui sera cause de tout, car M. de Presle ajoutait: «Il ne nous reste plus d’autre moyen qu’un « enlèvement, et ce soir, après le bal... » madame de treneuil. Et qu’a répondu Delphine? anténor. Elle a répondu... je ne puis le croire encore, elle a répondu : « J’allais vous le proposer. » En ce moment, elle se retournait pour balancer, elle m’a aperçu; elle a achevé tranquillement sa figure; et moi, ne sachant plus celle que j’avais à faire, j’accours, me voilà : je ne sais où donner de la tête; je ferai quelque malheur, c’est sur, car je ne laisserai pas enlever mademoiselle Delphine.

madame de treneuil. Elle vient de ce côté, c’est elle. anténor. Ah! mon Dieu! Madame, soutenez-moi. Voilà la fièvre qui me prend. J’ai froid.

madame de treneuil. Luissez-moi l’interroger par degrés, avec ménagement. Vous, surtout, pas un mot.

anténor. Ah! je voudrais parler, que je ne pourrais pas. (Il va s'asseoir auprès du guéridon.)

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