‹ Å’uvres illustréesChapitre 570 sur 1154 · RIQUEBOURG, HORTENSE, LE VICOMTE, GEORGE · texte numérisé non relu

RIQUEBOURG, HORTENSE, LE VICOMTE, GEORGE

hortense. Mille pardons, monsieur le vicomte, de vous avoir fait attendre; je n’espérais pas votre visite de si bonne heure.

le vicomte. En effet, c’est agir avec bien peu de cérémonie, et je vous dois des excuses.

hortense. Moi, je vous dois des remercîments ; c’est nous traiter en amis.

Air : Amis, voici la riante semaine.

J’approuve fort un semblable système.

Et mon mari qui pense comme nous.

Me le disait tout à l’heure à moi-même.

le vicomte, à Riquebourg.

Serait-il vrai?., que c’est aimable à vous!

riquebourg, avec embarras.

Vous êt’s bien bon...

[A part, montrant sa femme.)

En vérité, j’ l’admire ;

Car, pour mon compte, elle a soin de placer De jolis mots, que j’ai 1’ plaisir de dire Sans avoir eu la peine d’ les penser.

hortense , apercevant George, qui a pris son chapeau, mais qui n'est pas encore parti. Bonjour, George; nous vous avons attendu hier à dîner, vous n’ètes pas venu; cela nous a inquiétés.

george. Ah ! ma tante !

riquebourg, à George. Quand je te disais : tu lui as fait de la peine; et puis, on ne conçoit plus rien à ta bizarrerie. Je comptais sur toi, le soir, pour la conduire au bal en tète-à-tète.

LA FAMILLE RIQUEBOURG.

gbobgbs. Mouillé de nos larmes, il ne me quittera plus. — tScène'17.

geobge. Je n’ai pas pu.

riquebourg. Laisse-moi donc; au moment où je donnais la main à ma femme, qui était superbe, j’ai aperçu Monsieur, debout dans la rue, qui regardait monter en voiture, par une pluie battante. Et pourquoi ? pour aller avec Monsieur ( Montrant le vicomte.) soupirer à l’Opéra.

george. Ne le croyez pas.

hortense, s’efforçant de sourire. Et quand ce serait vrai, où est le mal? Vous me croyez donc bien sévère î Ecoutez, George, quand vous serez heureux, je ne vous demanderai rien, ( Montrant le vicomte.) cela regarde Monsieur; mais dès que vous avez des peines, du chagrin, je les réclame; c’est moi qui dois être votre confidente; c’est le privilège des tantes : elles ne sont bonnes qu’à cela.

george. Ah ! Madame.

riquebourg. Voilà parler; et puisque enfin tu es notre fils, notre enfant, attendu que je n’en ai pas eu de ma femme... ce n’est pas ma faute... hortense. Monsieur...

riquebourg. Je dis ça, parce qu’on pourrait croire... hortense, s’empressant de l’interrompre , et se retournant vers le vicomte. Monsieur le vicomte nous fait-il le plaisir de dîner avec nous?

le vicomte. Trop heureux d’accepter.

riquebourg. Nous irons au spectacle en famille. George, tu donneras le bras à ta tante.

hortense. Pourquoi le gêner? 11 aimerait peut-être mieux aller à l’Opéra.

george. Ah ! vous ne le pensez pas.

le vicomte. C’est le jour des Bouffes, et si ma loge peut être agréable à ces dames...

riquebourg. Non pas à moi.

Air de Calpigi.

Dès que j’arrive, il faut qu’ j’y dorme;

J’ n’y vais qu’ pour vous et pour la forme;

[A Hortense.)

Mais j’ veux m’amuser aujourd’hui,

Et nous irons chez Franconi;

C’est mon spectacle favori ;

LAGNY. — Imprimerie de Vialat et Cie. — W° lt, —

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