‹ Å’uvres illustréesChapitre 580 sur 1154 · HORTENSE, GEORGE · texte numérisé non relu

HORTENSE, GEORGE

hortense. Je meurs d’inquiétude... Mon mari... 11 faut que je le voie... O ciel! c’est George! ( Tombant sur un fauteuil près de la table.) Mon Dieu ! que devenir !

george, courant à elle. Ma tante! qu’avez-vous? hortense. Rien, Monsieur; je ne demande rien, qu’à être seule.

george. Puis-je vous laisser dans l’état ou je vous

vois? '

hortense, s’efforçant de sourire. Rassurez-vous, je ne souffre pas. Je venais d’avoir avec votre oncle une explication, où moi seule j’avais tort, sans doute. george. Je ne pense pas.

hortense, étonnée. Et qui vous l’a dit? george. Lui -même, qui me confiait tout à l’heure le sujet de ses peines.

hortense. A vous?.. O mon Dieu! [Se reprenant, et cherchant à cacher son trouble.) J’espère, George, que, connaissant comme moi le caractère de votre oncle, que sa vivacité emporte souvent loin des justes bornes, vous n’ajouterez pas foi à des idées dont luimême reconnaîtra bientôt la fausseté.

george. Je ne crois rien, sinon que vous méritez les respects du monde entier, et que vous êtes ce que la vertu a créé de plus noble et de plus parfait. hortense. Je ne mérite point de tels éloges. george. Et mille fois plus encore.

LA FAMILLE RIQUEBOURG.

hortense. Et d’où le savez-vous?

george. Tout le dit, tout mêle prouve; et, Lien différent de ce que j’étais ce matin, je tenterai désormais, non de vous égaler, c’est impossible, mais du moins de vous suivre et de vous imiter. hortense. Que dites-vous?

george. Que je puis mourir maintenant. J’ai épuisé en un instant tout le bonheur que je pouvais éprouver sur terre. Je n’ai plus rien à envier, rien à désirer. Dites -moi seulement que mon cœur a deviné le vôtre.

hortense, effrayée, se levant. Ah ! je me serai trahie! george. Non, votre secret est à vous; il vous appartient; vous n’avez rien dit, je ne sais rien, et j’ai pu m’abuser sans doute encore, tant que votre bouche n’a pas détruit ou confirmé mes soupçons. Mais quoi que vous prononciez, j’oublierai tout, je vous le jure, tout, excepté l’honneur et la reconnaissance.

hortense. Eh bien! prouvez-le-moi.

george. Soumis à vos ordres, je les attends.

. hortense. Vous me disiez ce matin : « Si j’étais aimé, je fuirais à l’autre bout du monde. » george. Je l’ai dit, c’est vrai.

hortense. Eh bien ! partez.

george, voulant se précipiter vers elle. Ah ! qu’ai-je entendu !

hortense, l’arrêtant de loin. Pas un mot de plus. Je connais mes devoirs, vous connaissez les vôtres ; quoi que j’ordonne, vous m’avez promis d’obéir; et si vous hésitiez un instanl, vous ne seriez plus à craindre pour moi.

george. J’obéirai. 11 n’est point de sort si rigoureux que je n’affronte. J’ai maintenant du bonheur pour toute ma vie. C’est mon oncle!

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