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SCÈNE XVI

Les précédents, RIQUEBOURG.

riquebourg, à George. Eh bien! lui as-tu parlé? L’as-tu déterminée enfin à tout m’apprendre, à ne plus avoir de secrets pour moi?

hortense. Oui, j’y suis décidée, je dirai tout. riquebourg. Ah ! mon cher George ! que je te remercie ! ( Passant entre George et Hortense. A Hortense .) En revanche, je te promets tout ce que tu voudras; parle, impose tes conditions; pourvu que je sache son nom, je consens à tout. Eh bien ?

hortense. Eh bien, vos soupçons s’étaient portés tout à l’heure sur le vicomte d’Heremberg. riquebourg. C’est vrai, et je le crois encore. hortense. Silence ! c’est lui. (En ce moment entre le vicomte donnant la main à Elise.)

hortense, continuant. Pour vous prouver à' quel point vous vous abusiez, et (tour bannir à jamais ale votre esprit de semblables idées, j’exige d’abord que vous consentiez à son' mariage avec Elise, qu’il aime, et dont il est aimé.

riquebourg. Moi ! y consentir...

hortense. Manquez-vous déjà à votre parole? riquebourg. Non. Mais cela regarde mon neveu, à qui je la desline, et qui, j’espère, ne souffrira pas... (Le vicomte regarde George, qui lui prend la main et le tranquillise.)

hortense. George m’a donné son aveu . Demandez-lui . riquebourg. Est-il vrai ?

george. Oui, mon oncle. (Bas, au vicomte.) Je te l’avais bien dit.

le vicomte, à George. Ah ! mon ami !

élise. Ah! mon cousin!

riquebourg, à George. Et loi aussi! clic t’a donc ensorcelé? Enfin, puisque je l’ai promis, qu'elle abuse de ma parole...

george. Pour faire des heureux.

riquebourg, ci George. Qu’ils le soient, s’ils peuvent, et puisque tu me restes, j’ai de quoi me consoler. ( A Hortense.) Est-ce tout?

hortense. Non. Elise n'est pas la seule pour qui j’ai àdemander. J’aiaussià vousparleren faveurdeGeorge. riquebourg. Et que ne parle-t-il lui-même? hortense. Il n’ose pas, et m’en a chargée. riquebourg, étonné. Est-ce possible ! et qu’est-ce donc? hortense. Il est naturel qu'à son âge il cherche à s’éclairer, à s’instruire, et dès longtemps il avait des projets de voyage.

riquebourg, avec colère. Des voyages ! qu’est-ce que cela signifie ?

hortense. Voilà justement ce qui l’empêchait de vous en parler, la crainte de vous fâcher, et cependant, c’est cette idée là qui le tourmente, qui le rend malheureux, et si vous l’aimez, vous ne résisterez point à ses prières et aux miennes.

george. Oui, mon oncle, il le faut, et si vous me refusez...

riquebourg. Tu oserais partir malgré moi! (A demivoix.) Comment! George, lu veux me quitter? C’est toi qui as pu concevoir une pareille pensée ! et qu’est-ce que je deviendrai? ( Regardant Hortense.) A qui confierai-je mes chagrins? qui m’aidera à me consoler? Et toi-même, qu’esUcc que ces idées de jeunesse, ce vague désir de voir du pays, ce besoin de changer de lieu? En trouveras-tu où tu sois plus aimé qu’ici? Est-ce que moi et ta tante ne te rendons pas heureux?.. Eh bien! nous redoublerons de soins, de tendresse, je ne te demande en échange que toi, que ta présence ; reste avec moi, mon fils, ne me quitte pas. george. Ah ! mon oncle !

riquebourg. 11 cède, il est attendri... (Au vicomte, à Elise.) Mes amis, aidez-moi... (A Hortense.) Et toi aussi, car tu es là, tu ne dis rien ; il semble que tu veuilles le voir partir, que tu le pousses dehors !

george. N’insistez pas, mon oncle ; car, plus vous m’accablez de bontés, plus je sens que je dois persister dans mes projets.

riquebourg. Que dis-tu ?

george. Par là, du moins, je puis m’acquitter envers vous ; ce voyage ne vous sera pas inutile. Au lieu d’un commis, au lieu de Dampierre, qui ne servirait que faiblement vos intérêts, c’est moi qui m’en occuperai, je prendrai sa place.

RIQUEBOURG, HORTENSE ET ÉLISE . Ciel !

riquebourg. Tu veux partir pour la Havane? george. Oui, mon oncle.

riquebourg. Et lesdangers de la traversée ! et ceux du climat! si tu étais malade, si...

george, à part, avec joie. Qu’importe? Je suis aimé. riqueüourc. Et quand même tu échapperais à tous les périls... Dans quelques années, à ton retour, si le docteur avait raison, si tu ne me trouvais plus? george. Que dites-vous ?

riquebourg. C’est possible, il me l’a dit ; et tu n’aurais donc pas été là pour me fermer les yeux ? george. Mon oncle !

LE COMTE OR Y

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