SCENE XIII
LE COMTE, seul. Je vais donc la voir cette superbe dame! celte belle cousine dont Isolier m'a tant de fois parlé! Pauvre Isolier! il était loin de se douter que son conseil extravagant me conduirait en ces lieux. C’est que toutes ces petites femmes sont charmantes. J’étais venu ici avec les intentions les plus raisonnables, et je ne sais déjà quelles idées... J’ai I laissé mes compagnons, ou plutôt mes compagnes, dans le parloir; et j’accours ici savoir quel destin me préparer Amour, prêt à profiter de toutes les chances qu’il me présentera pour toucher le cœur de celte fière comtesse, et pour l’obliger enfin à me pardonner la ruse qui m’a conduit à ses pieds. Encore cette folie; dans peu de jours le retour de mon père peut me forcer à la sagesse.
Air de la cavatine de don Juan (Mozart).
Vive la folie Par qui ma vie Fut embellie.
Entends mes vœux.
Si mon délire Ici m’attire.
C’est pour te dire Derniers adieux.
J’en fais promesse.
Belle comtesse,
Sage maîtresse De ce séjour;
Quand ma tendresse A toi s’adresse.
Vers la sagesse C’est un retour.
Vive la folie Par qui ma vie, etc.
Mais quel bruit! Dieu me pardonne, ce sont ces dames qui parlent toutes ensemble.