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SCENE XVIII

LA COMTESSE, ISOLIER, caché.

LA comtesse. Enfin me voilà seule, et je puis donc m’occuper de lui. Ce pauvre Isolier! dans quel état il doit être arrivé au château ! Qu’il m’en a coûté de le renvoyer par un temps aussi affreux !

isolier. Bonne cousine!

la comtesse. Aussi, que mon frère revienne, et j espère bien qu’il ne s’en ira plus. Comme il m’aime ! comme il braverait tout pour moi!., jusqu’à la colère de son maître !

isolier. C’est ce que je fais. ( Sortant du balcon.) la comtesse. Ce n’est pas lui qui serait jamais audacieux ni mauvais sujet. Jamais il ne voudrait compromettre... ( L’apercevant et jetant un cri.) Ah! qu’ai-je vu ? ,

isolier, mystérieusement. Chut! cest moi.

la comtesse. Malheureux! vous ici ! Que venez-vous faire? me perdre?..

isolier. Vous sauver !

la comtesse. Ingrat! dans quel embarras vous me mettez ! . .

isolier. Je viens vous en tirer.

la comtesse. Vous! comment?

isolier. Chut! parlons bas. (Il va écouter à la porte du corridor.) Je n’entends rien.

i.a comtesse. Que signifie?..

isolier. Savez-vous à qui vous avez donné l’hospitalité?

la comtesse. A des pèlerines infortunées, poursuivies par le comte Ory.

isolier. Non, au comte Ory lui-mème.

la comtesse. O ciel ! quel affreux danger! isolier. Ne nous alarmons pas, et voyons avant tout...

LA comtesse. Il faut fermer cette porte. isolier. Faible obstacle pour lui.

la comtesse. Grands dieux! j’entends marcher dans le corridor.

isolier. Si nous pouvions seulement gagner du temps, jusqu’à minuit... Nous sommes sauvés! la comtesse. Que voulez-vous dire?

isolier. Je n’ai ni le temps ni le pouvoir de m’expliquer. On vient. (Il souffle la lampe.) la comtesse. Que faites-vous?

isolier. Je vous sauve. (Il s'empare de la mantille que vient de quitter la comtesse.) Moi, sur ce fauteuil ; vous derrière : chargez-vous seulement des réponses.

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