‹ Å’uvres illustréesChapitre 603 sur 1154 · ISOLIER · texte numérisé non relu

ISOLIER

Mon projet réussira...

le comte.

De l’adresse et de la prudence.

isolier, à la comtesse.

Prudence!..

LA COMTESSE

Prudence !

isolier.

L’Amour nous protégera.

le comte.

L’Amour me protégera.

(Isolier fait signe à la comtesse de parler.)

la comtesse. Qui va là?

le comte. Comme sa voix est émue ! C’est moi, cette pauvre pèlerine à qui vous avez donné l’hospitalité.

la comtesse. Vous m’avez fait une frayeur! j’en tremble encore.

LE comte. Pas plus que moi, je vous jure : c est même cela qui m’amène. Je n’ai pu rester dans mon appartement. 11 semble qu’à deux on ait moins peur. isolier, à part. Oui, quand on est deux. le comte. Et j’ai même besoin de savoir que vous ôtes là, auprès de moi. (Rencontrant Isolier.)

Air : Sam être belle on est aimable (d’ Ambroise) . Est-ce bien vous?

la comtesse, répondant.

Oui, c'est moi-même.

le comte.

Hélas! ma frayeur est extrême...

(Prenant la main d'Isolier.)

Elle se dissipe soudain...

Depuis que je sens cette main.

la comtesse, à part.

Eh ! mais, il croit tenir ma main.

LE COMTE OKY.

LE COMTE

Mon cœur à se calmer commence.

la comtesse, à part.

La frayeur fait battre le mien.' le comte, serrant sur son cœur la main d’Isolier. Enfin, elle est en ma puissance.

isolier, à part.

Comme il me tient!

le comte, à part.

Ah! je la tien.

la comtesse, à part.

Je puis la lui laisser, je pense;

Son bonheur ne me coûte rien.

tous trois.

la comtesse. Maintenant, n’est-ce pas, vous pouvez rentrer dans votre appartement!

le comte. Non, cela me serait impossible; je ne sais quel charme me retient en ces lieux.

la comtesse. Que dites-vous?

le comte. Oui, je vous abusais : vous voyez en moi le plus tendre et le plus fidèle des amants. la comtesse. Grands dieux!

le comte, retenant Isolier dans le fauteuil. Ne cherchez point à vous éloigner. Pouvez-vous douter de mon respect, de ma soumission? Je vous ai vue ce matin, et votre aspect seul a décidé de mon retour à la vertu.

la comtesse. A la vertu !

le comte. Oui, tout m’est possible si vous me permettez de vous revoir.

la comtesse. Me revoir!

( le comte. On le peut sans danger, sans indiscrétion. J’ai déjà remarqué au bout de ce corridor une secrète issue.

isolier, à part. Il n’a pas perdu de temps. la comtesse. Et qui vous a donné le droit de vous introduire avec cette audace?

le comte. Mon amour, vos cruautés. Mais, je vous l’avoue, l’idée d’une pareille ruse ne me serait jamais venue; c’est un de mes conseillers, un page, un mauvais sujet...

la comtesse, à Isolier. Comment, Monsieur? isolier. Ce n’est pas vrai. (La comtesse lui ferme la bouche avec la main.)

le cômte. Pourriez-vous m’en croire capable? moi! le comte Ory?

Air de la romance du Comte Ory.

Ah! de mon àme A la fin connaissez La vive flamme.

(Il baise la main d’Isolier, qui, dans le même moment, baise celle de la comtesse.)

LA COMTESSE

Ah! comme vous me pressez!

le comte, avec expression.

Vrai Dieu ! Madame,

Peut-on vous aimer assez?..

(On entend un grand bruit au dehors.)

Qu’entends-je? (Le comte rentre dans le corridor et Isolier sur le balcon.)

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