‹ Å’uvres illustréesChapitre 605 sur 1154 · SCENE XXII · texte numérisé non relu

SCENE XXII

Les précédents; LE COMTE, sortant du corridor.

le comte. D’où vient ce bruit? Serions-nous menacés?

isolier, sortant du balcon en face. C’est minuit, et nous sommes sauvés !

le comte. Que vois-je? Isolier en ces lieux! isolier. Vous vêtes bien. Monseigneur; il faut venir vous y chercher : c’est une lettre que, depuis plusieurs heures, je suis chargé de vous remettre.

le comte. Mais, Dieu me pardonne, tu es arrivé par la fenêtre !

isolier. On doit tout braver, Monseigneur, pour le service de son prince!

le- comte. Fripon ! Voyons de qui est cette lettre. isolier. De monseigneur votre auguste père. le comte. De mon père ! (Lisant.) « Mon cher comte, « je serai au château cette nuit même. (A part.) Cette « nuit! Tous les gentilshommes de mon vasselagc et « le brave comte de Formoustiers arriveront à mi- « nuit dans leurs castels, dans le dessein de causera « leurs nobles dames une douce surprise. » toutes les dames. A minuit! Ce sont eux!

Ursule, sautant de joie. C’est mon mari ! le comte, poursuivant. « Quant à moi, qui n’ai pas « les mêmes motifs pour me cacher, je t’envoie par « Isolier la nouvelle de mon arrivée. » Grands dieux! que pensera-t-il en ne me trouvant pas au château ?

isolier. Mon prince, voulez-vous que je vous donne un conseil?

le comte. C’est ton habitude.

isolier. Vous avez déjà eu l’adresse de remarquer au fond de cecorrider une secrète issue...

LE COMTE OR Y

le comte. Comment?

isolier. Elle donne sur la campagne.

le comte. Ah ! traître, tu sais...

isolier. Entendez-vous le beffroi? Laissez les maris faire leur entrée triomphale, et donnez à votre compagnie l’exemple d’une sage retraite.

le comte. Tu pourrais avoir raison, et tu vas nous guider.

isolier. Mon prince, j’aurai soin de fermer la porte sur vous. Le comte Formoustiers est mon cousin, et je dois rester pour le recevoir.

le comte. Je devine une partie de la vérité. Allons, Mesdames, au revoir; adieu, charmante comtesse : nous n’aimons pas plus à rencontrer des frères que des maris. Mais je n’oublierai point certain baiser...

isolier. Las! Monseigneur! je n’étais pas digne de cette précieuse faveur.

le comte. Comment ! c’était toi? Ah ! pauvre comte! à qui t’es-tu joué? (A voix basse.) Mesdames, je vous demande le secret, et promets de le garder.

Air du vaudeville du Mameluk.

Oui, sans bruit et sans escorte.

Pendant que chaque mari Entrera par cette porte,

Nous, sortons par cetle-ci...

Ne bougez, troupe craiutive.

Nous sommes faits à cela.

Sitôt que l’Hymen arrive,

Prudemment l’Amour s’en va.

Air de la Sorbonne.

Vous pourtant.

Croyez-m’en,

Ayez la prudence

De ne point en faire part :

Gardez le silence,

Car

Que chez lui Un mari

Trouve un téméraire,

Cela peut arriver... mais Cela doit se taire.

Paix!

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