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SCENE IV

NÉRILHA , ATALMUC.

nérilha, regardant Xdiloun qui s’enfuit. Comme il s’enfuit à toutes jambes!.. Et vous, seigneur Atalmuc, comme vous voilà rouge de colère... et pourquoi , je vous le demande?..

atalmuc. Pourquoi?.. Quand ce Xaïloun, ce traître de pourvoyeur, vient ici pour te faire la cour !

nérilha, avec étonnement. Ah! ça s’appelle. . . faire la cour?

atalmuc, avec colère. Certainement!..

nérilha. Eh bien !.. c’était gentil, et ça m’amusait. atalmuc. Ah! cela t’amusait... un séducteur, déjà aimé par une de tes amies, la petite Cadige, la marchande d’ananas!

nérilha. En vérité !

atalmuc. Elle en est folle... elle en est jalouse... nérilha. Elle ne m’en a jamais rien dit.

ATALMUC. Et moi je le sais... je viens de le lire... là... dans ce livre magique, qui m’apprend tout... et s’il t’arrivait seulement de penser à Xaïloun...

nérilha. Comme si on pouvait empêcher ça... atalmuc, avec jalousie. Tu l’aimes donc?.. Tu l’aimes?..

nérilha, haussant les épaules. Est-ce que cela me regarde... Voyez plutôt, voyez vous-même, puisque vous pouvez tout voir, ( Montrant son cœur.) tout lire, là...

atalmuc, la regardant attentivement. C’est vrai... c’est vrai... ( Avec douleur.) Elle n’aime personne... personne !.. pas même moi ! . .

nérilha, vivement. Ça, je vous en réponds ! (Montrant son cœur.) Et c’est plus certain, là, que dans votre grimoire.

atalmuc, de même. Tais-toi! tais-toi!.. Ne me le dis pas... essaie au moins de m’abuser...

nérilha. A quoi bon? puisqu’il n’y a pas moyen. atalmuc. Elle a raison! (Avec douleur.) Ne pouvoir même pas être trompé !

nérilha, le regardant avec compassion. Pauvre homme! ( Allant à lui d’un air de bonté.) Gonsolezvous, maître, peut-être que cela viendra.

atalmuc. Pour cela, il faudrait ne pas savoir... tout ce que j’ai appris... tant de secrets... tant de sciences...

nérilha. Oubliez-les!.. et vous vous trouverez aussi avancé que moi... qui ne sais rien.

atalmuc. Ah! si je t’en croyais!.. (Une divinité in-

dienne frappe sur son ventre, et un bruit de tam-tam retentit.) C’est aujourd’hui le premier jour de la lune... ce signal m’avertit qu’on m’attend à une assemblée de sorciers, où je ne peux pas manquer... Ne sors pas d’ici avant mon retour... et comme ce n’est qu’à douze cents lieues... je serai revenu dans une heure... pour souper... Que tout soit prêt... tu m’entends... Adieu! (Il disparait vivement par le fond, à droite.)

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