‹ Å’uvres illustréesChapitre 615 sur 1154 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

NÉRILHA, seule. Bon voyage!.. Mais s’il croit qu’en son absence je vais rester ici... ah bien, oui!.. Il ne se rappelle plus qu’il a ordonné lui-même au souper de se maintenir cuit à point... Xaïloun m’a dit que mes deux voisines, Cadige et Guluare, allaient ce soir à une fête... et qu’elles comptaient sur moi. . Allons les retrouver... quand je ne resterais avec elles qu’une heure.., une heure de plaisir et de liberté... c’est si doux!.. Mais ma toilette, rien que ma robe de tous les jours... tandis que ces demoiselles vont avoir des étoffes élégantes... des parures pour les aider à être belles. .. Bah ! je le serai toute seule !

N’y pensons plus! (Apercevant une rose dans un vase.)

Ah! cette fleur... le maître n’est pas là... il ne me voit i pas... (Elle prend la rose.) Là, dans mes cheveux... j non, ici plutôt! je la verrai... ( Elle la place en bouquet à son corset.) Cela vous donne tout de suite un air de fête, et il me semble que je suis superbe!.. Courons, j maintenant!.. (Elle s’élance vers le fond du théâtre et s'arrête.) O ciel! U y a comme un réseau invisible qui ! retient mes pas et m’empêche d’aller plus loin... Ah! le ; malin magicien... ah! le mauvais maître. . me retenir à la maison, même en son absence! (Avec un soupir.) Allons, me voilà revenue de la danse ! J’en serai pour mes frais de toilette... (Regardant la rose, qu’elle détache de sa ceinture.) et pour me tenir compagnie, il ne me reste plus que toi... ma gentille rose!..

AIR

PREMIER COUPLET

Près de toi, je crois revivre !

Sur tes feuilles tombent mes pleurs!

Oui, ta douce odeur m’enivre,

Et je souris à tes couleurs !

Dans la prison où je m’ennuie.

Où rien ne vient charmer ma vie.

Mes seules compagnes, mes sœurs,

Ce sont les fleurs!

Doux parfums de la vie,

Les fleurs!., les fleurs!

Rien que les fleurs !

La beauté que l’on adore,

Comme la rose, brille un jour!

Un seul jour, dit-on, voit éclore,

Et bien souvent, mourir l’amour !

Puisque tout s’effeuille en la vie.

Puisque tout se fane et s’oublie ,

Autant vaut n’aimer que les fleurs Et leurs fraîches couleurs!

Les fleurs!., les fleurs!

Doux parfums de la vie.

Rien que les fleurs!

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