SCENE X
Les Précédents, ABOÜLFARIS.
aboulfaris, s'adressant au prince. Mon prince, la sultane, qui s’inquiète, vous attend pour la cérémonie du baise-main !
nérilha, à part. Oh! il n’y a pas de temps à perdre. (S’approchant du prince, qui est plongé dans ses rêveries.) Mon prince... mon prince!..
le prince. Que veut cette femme?
nérilha. La belle Gulnare se plaignait ce matin de ne pas avoir de bouquet de noces digne d’elle!..
LA FÉE AUX ROSES
aboulfaris. J'en suis témoin!..
nérilha. Et je viens vous offrir pour elle celui-ci! le prince. Qui est magnifique.
aboulfaris. Au fait! je ne pense pas qu’il en croisse de pareils dans vos jardins !
le prince. C’est vrai!.. Tenez, visir, offrez-le de ma part à la princesse... (Aboulfaris s'incline, et sort par la gauche ; le prince, toujours plongé dans ses rêveries, s’apprête à le suivre.)
cadige, avec effroi, et voyant le visir qui s'éloigne. Ah! mon Dieu! mon Dieu!..
le prince, revenant près d'elle. Qu’as-tu donc?.. cadige. Ce que j’ai!.. C’est un bouquet magique, dont la vertu est telle , que ses feuilles d’argent deviennent pourpres, quand celle qui les porte a déjà aimé...
le prince. Eh bien ! est-ce que cela t’effraie pour ma fiaucée?..
cadige. Du tout... du tout... (A part.) Ma foi! tant pis!., pourquoi donne-t-elle des soufflets?..
le prince. Par malheur pour moi, la sultane peut, sans danger, se parer de ces fleurs!..
nérilha, s’approchant du prince, qui remonte le théâtre pour sortir. Pardon, mon prince, mais je D’ai pas entendu faire à Votre Hautesse un cadeau si précieux, pour rien!..
le prince. C’est juste!.. Eh bien! quel prix en demandes-tu?.. Te faut-il de l’or... des diamants?.. nérilha. Bien plus encore !
le prince et cadige. Comment?..
nérilha, à Cadige. Laissez-nous!..
cadige, à part, en sortant. Tiens! qu’est-ce qu’elle va donc faire, la petite vieille?..