SCENE XI
NÉRILHA, LE PRINCE.
DUO
NÉRILHA.
Ah! Monseigneur, à la vieillesse On ne saurait rien refuser...
Je voudrais que Votre Hautesse M’accordât...
LE PRINCE
Quoi donc?
NÉRILHA.
Un baiser!
Au temps de la jeunesse.
On comprend la tendresse ;
Au matin des beaux jours.
Conviennent les amours...
Et pourtant, pauvre vieille.
Je veux faveur pareille.
Un baiser, Monseigneur!
Un seul, mon doux seigneur...
Ah ! daignez par faveur.
M’accorder cet honneur?
LE FRINCE.
Au temps de la jeunesse,
On comprend la tendresse;
Au matin des beaux jours Conviennent les amours!
Obtenir d’une vieille Une faveur pareille,
Chacun, sur mon honneur.
Rirait de trop bon cœur.
NÉRILHA.
Ah! malgré vos refus rigides.
Vous devez... il faut me payer!
le prince, riant.
Quel créancier!
NÉRILHA.
Voyez mes rides, D’attendre je n’ai pas le temps.
Voyez mes cheveux blancs!
! ENSEMBLE
LE TRINCE.
Au temps de la jeunesse.
Ou comprend, etc.
NÉRILHA.
Au temps de la jeunesse,
Ou comprend, etc.
le prince, souriant.
Au fait!
(S’approchant d’elle.)
Allons! quoi qu’il m’en coûte...
nérilha, regardant autour d'elle.
| On ne le saura pas!
(Tendant sa joue au prince.)
] O moment désiré !
le prince, qui s’est approché d’elle, va l’embrasser, ! puis s’éloigne tout à coup
Non... non... qu’allais-je faire?
nérilha.
Eh! qu’est-ce donc?
LE PRINCE
Écoute!..
Il est une beauté dont je suis séparé.
Que j’aime, que je pleure... et je me suis juré Depuis le seul baiser, qu’hélas ! j’ai reçu d’elle.
Que nulle autre de moi n’en recevrait...
nérilha, avec douleur, à part.
Eh quoi !
C’est pour me demeurer fidèle.
Qu’il refuse ici d’être à moi !
ENSEMBLE
NÉRILHA.
Dieu d’amour, viens à inon aide ;
Amour, sois mon appui!
A mes vœux fais qu’il cède.
Et que je sois à lui !
LE PRINCE
Un amour me possède.
Et je vivrai pour lui !
En vain elle intercède...
Amour, sois mon appui!