MADAME BERTRAND, CHARLES
madame BERTRAND, retenant Charles qui veut s’éloigner. Monsieur, Monsieur! vous êtes son colonel... M. d’Aspremont!
Charles. Oui, ma brave femme!
madame BERTRAND, hors d’elle. Et moi , je suis bien malheureuse... Je suis madame Bertrand! Ah! mon Dieu! vous n’avez pas vu mademoiselle Agathe de Cliampcarville, qui devait me protéger?..
Charles. Si vraiment! car j’arrive du château... Mais vous soutirez. . vous êtes malheureuse... il n’y a pas besoin auprès de moi d’autre protection... Parlez, Madame, parlez... que puis-je faire pour vous?..
madame BERTRAND. Ab! que de bontés! Ce malheureux, ce jeune soldat, il ne me connaît pas.., mais moi... (Avec émotion.) par des raisons... des raisons de famille trop longues à vous expliquer... enfin, je m’y intéresse beaucoup.
Charles, lui prenant ses mains tremblantes. Je le vois. ' . .
MADAME BERTRAND. Et ce que ses compagnons disaient tout à l’heure... serait-il vrai que pour avoir levé le sabre sur vous?..
Charles, secouant la tête. Mais, oui... la loi est là.
madame Bertrand. Mais, Monsieur, il n’avait pas sa
Charles, à mi-voix. Et si le congé que je vais lui donner, est daté d’hier?
MADAME BERTRAND, odsc joie. Est-11 possible!
Charles. Silence! que cela reste entre nous!., car ce que je fais là n’est pas permis.., t
madame Bertrand. Permis ou non, c’est bien... c est trcs-bien, monsieur le colonel... vous êtes un brave jeune homme... (Se frappant le cœur.) un homme qui a de ça, voyez-vous... ça se voit tout'de suite.
Charles, voulant la contenir. Madame! #
madame Bertrand. Ali! vous ne me connaissez pas!, un trait pareil me gagne le cœur... Et si jamais... je ne fais pas de phrases... mais madame Bertraud, charbonnière, agit mieux qu’elle ne parle. . et vous pouvez compter sur elle!
Charles, lui serrantlamain. Merci ! merci, ma nouvelle amie!.. Et pardon si je vous quitte... je vais délivrer le prisonnier... je vous l’envoie, et puis...
madame Bertrand, d’un air d'intelligence. Et puis... mademoiselle Agathe vous attend... Allez, allez... cest trop juste...
Charles. Quoi! vous savez?..
madame Bertrand. Que vous méritez tous deux tous les bonheurs du monde, et que si je pouvais y contribuer... (Le regardant.) Oh! rien ne me coûterait...
Charles, touché. Que vous êtes bonne ! (Prêt à sortir, il s'arrête en voyant les yeux de madame Bertrand qui restent fixés sur lui, et revient près d’elle.) Qu’avez-vous donc?., à quoi peussez-vous?.
madame Bertrand. A votre mère... qui doit être bien heureuse!,.
Charles, avec un soupir. Je ne l’ai jamais vue! .
MADAME BERTRAND.Ab!.. Quel malheur pour vous!., et surtout pour elle! Adieu! Monsieur... adieu! (Charles sort par la gauche , du côté où l’on a emmené Brindamour.)