‹ Å’uvres illustréesChapitre 67 sur 1154 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

GALIFARD, LA MARQUISE.

l a marquise, le saluant de la main. Y ous êtes de parole . . . galifard. Toujours, madame la marquise.

la marquise. J’ai trouvé cd effet toutes les lettres que vous aviez reçues de moi.

galifard. Le compte y était bien, n’est-il pas vrai? et il n’en manquait aucuns?

la marquise, lui rendant le portefeuille. Aucune. galifard, examinant le portefeuille et voyant qu’il est intact. La régularité dans mes comptes, c’est une habitude que j’ai prise dans mou état d’intendant. (Mettant le portefeuille dans sa poche.) Et puis, les lettres de Madame m’étaient trop chères pour ne pas les conserv ertoutes avec soin; trésor précieux, qui maintenant, je m'en doute, n’existe plus.

la marquise. Je viens de les brûler.

galifard. C’est aussi ce que j’aurais fait à la place de Madame ; et maintenant, grâce au ciel, il n’y a plus entre nous d’autres rapports que ceux de la bonne foi, et d’une inclination mutuelle. Onne pourra plus direque c’estun mariage d’intérêt.

la marquise, avec un mouvement de colère qu’elle réprime soudain. Un mariage? Vous y tenez donc toujours? ■ galifard Plus que jamais : c’est une idée fixe.

LA marquise. Et vous n’avez pas pensé à ce qu’on en dirait dans le monde?

galifard. Tant pis pour eeux qui en médiraient. (Froidement.) Noussavons,vousetmoi, commeutles faire taire,.. la marquise, avec hauteur. Galifard!

galifard. Après cela, je conviens qu’en France, à Pa-

ris, dans vos brillantes sociétés de la place Royale, cela pourrait avoir quelque inconvén’ent. Mais dans mon pays, en Italie, où je ne suis plus connu, rien ne vous empêche d’épouser le signor Galifardi, ou même le prince Galifardi J car en Italie nous sommes tous princes.

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