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PAYSANS ET PAYSANNES

LE BARON

RÉCITATIF

Je me revois sur le sol germanique.

Voilà mes paysans, mes gardes, mes vassaux !

(D’un air protecteur.)

Bonjour, mes chers!., de ce manoir antique Qu’avec plaisir j’ai revu les créneaux !

AIR

Que les voyages sont utiles !

En poste on s’élance gaiement;

On roule de villes en villes,

Et l’on s’instruit en s’amusant !

Oui, c’est ainsi, sans aucuns doutes,

Qu’on acquiert des trésors nouveaux!

Je connais de toutes les routes Les postillons et les chevaux.

Mon esprit qui se développe.

Des vins, peut citer les premiers.

Je dirais même de l’Europe Quels sont les plus grands cuisiniers!

Que les voyages sont utiles!

En poste on s’élance gaiement;

On roule de villes en villes Et l’on s’instruit en s’amusant!

A voyager comme l’on gagne :

Avant de quitter l’Allemagne,

J’étais épais, j’étais pesant.

J’étais un baron allemand !

. Mais des beautés parisiennes Depuis que j'ai porté les chaînes,

Je reviens vif et sémillant.

Et je me retrouve à présent Léger d’esprit... léger d’argent!..

Que les voyages sont utiles!

En poste on s’élance gaiement;

On roule de villes en villes.

Et l’on s’instruit en s’amusant!

(Aux seigneurs qui l’accompagnent.) Mais aujourd’hui, dans ce domaine.

C’est le plaisir qui nous ramène ;

Pour nous l’hiver et les frimas Nous rendent nos joyeux ébats.

(Aux piqueurs.)

Halali! halali! saint Hubert nous protège!

Chassons dans les bois, sur la neige.

Et poursuivons de toutes parts Les sangliers et les renards!

En amour, à la chasse, à la guerre Je dois revenir triomphant !

Maintenant je sais vaincre et plaire En français comme en allemand.

(Avec le chœur.)

Halali! halali! saint Hubert nous protège!

Chassons, dans les bois, sur la neige.

Et forçons jusqu’en leurs remparts Les saugliers et les renards.

(Aux paysans et aux gardes.) Qu’au retour le foyer pétille ;

Que dans les flacous le vin brille.

Et près de nous que jeune fille Préside à nos joyeux festins Et répète nos gais refrains.

(Avec le chœur.)

Halali! halali! saint Hubert nous protège!

Chassons, poursuivons sur la neige.

Et forçons jusqu’en leurs remparts Les sangliers et les renards.

le baron, regardant autour de lui. Eh ! c’est la gentille veuve, madame Gertrude!

gertrude, faisant la révérence. Oui, Monseigneur.

le baron. El sa cousine Henriette... (Elle salue aussi.) Plus jolie que jamais... mariée avant mon départ... à je ne sais quel... ( Voyant Albert, qui salue.) Ah!., oui... Albert, un de mes gardes-chasse... que protégeait, je crois...

Albert. Le père Léonard.

le baron. Vieillard respectable... fondateur de l’hospice des orphelins... le Vincent de Paule du pays!.. (Aux seigneurs.) Il parcourt depuis trois mois l’électorat de Brunswik et de Hanovre... demandant à tous les ducs et princes pour ses pauvres qui bientôt seront plus riches que nous... (A Albert.) Et il n’est pas encore de retour?..

Albert. Non, Monseigneur.

le baron, bas aux seigneurs. Tant mieux... il ne nous demandera rien... et puis une pareille vertu dans mes domaines... c’est gênant... ça lient trop de place... il n’y en a plus pour les plaisirs... et je veux, dès ce soir, pour mon arrivée... donner un bal au nouveau château.

gertrude, aux paysans. Qu’est-ce que je disais!.. (Au baron.) Un bal de grandes dames’

le baron. Du tout. .. ces Messieurs ne sont pas fiers... nous invitons toutes les personnes de mes domaines... pourvu qu’elles soient jolies... ce sont les seuls titres de noblesse qu’on exige.

pottinberg, présentant une chaise. Monseigneur veut-il s’asseoir ?

le baron. Ah! Pottinberg... le maître d’école... je l’invite aussi... ainsi que les frères... et les maris. Accompagnement indispensable qui contribuera, par le contraste, à l’ornement de notre bal... bal champêtre... dans la grande salle du nouveau château...

pottinberg, effrayé. La graude salle du nouveau château !

LA NUIT DE NOËL

le baron. Sans doute!., on ne peut pas, la veille de Noël, donner à danser en plein air.

pottinberg, de même. C’est à cause de cela... la veille de Noël!., et puis les fenêtres... de la grande salle... qui donnent justement sur le cimetière du village... le baron. Eh bien!..

eenriette. Eli bien!., monseigneur a donc oublié ce qu’on dit dans le pays... sur la veille de Noël.

le baron, souriqnt. Oui... oui... il y a en effet quelque chose que je ne me rappelle pas bien exactement... et que tu peux nous redire. ( Montrant les seigneurs qui l'entourent.) Ne fùt-ce que pour ces Messieurs, qui sont étrangers!

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