‹ Å’uvres illustréesChapitre 699 sur 1154 · LÉGENDE · texte numérisé non relu

LÉGENDE

PREMIER COUPLET

BENRIETTE.

Quand Noël ramène l’orage Et blanchit le toit du clocher.

Du cimetière du village Amis, gardez-vous d’approcher!

De minuit quand l’heure est sonnée.

On voit apparaître soudain L’ombre de ceux qui dans l’année Doivent mourir!., ah! c’est certain,

C’est dans un gros livre latin!! !

(Avec force.)

C’est Noël ! ! !

• (A demi-voix.)

Ét si vous êtes sage,*

Au cimetière du village La nuit ne portez pas Vos pas !

CHOEUR, avec force.

C’est Noël! ! !

(A demi-voix .)

Et si vous êtes sage.

Au cimetière du village La nuit ne portez pas Vos pas!

DEUXIÈME COUPLET

ALBERT

Berthe, si dévote et si sage,

La nuit, dans un fantôme blanc.

Avait cru voir sa propre image...

Ah ! grand Dieu ! mourir dans un an!

Dès ce jour, et pour faire usage D’un temps si court, si précieux,

Berthe, jusque-là si sauvage,

Prit sur-le-champ un amoureux.

Et même on dit qu'elle en prit deux :

C’est Noël! ! ! et si vous êtes sage,

Au cimetière du village La nuit ne portez pas Vos pas!

CHŒUR

Tremblez! ! ! et si vous êtes sage.

Au cimetière du village La nuit ne portez pas Vos pas!

TROISIÈME COUPLET

Albert et Henriette, disant alternativement un vers. C’est Albert qui commence.

Notre hôtesse avait pris pour maître Un vieux jaloux qui la battait !

Elle voulut du moins connaître Quand son veuvage arriverait!

La nuit de Noël... en cachette,

Eli’ vit l’ombre de son mari!..

Soudain et d’espoir stupéfaite,

Elle en eut le cœur si ravi Qu’ell’ mourut de joie avant lui!

C’est Noël! ! ! et si vous êtes sage.

Au cimetière du village La nuit ne portez pas Vos pas!

le baron, gaiement. C’est effrayant! c’est juste comme en France... la tradition si authentique detroize à table! signe de mort dans l’année!

pottinberg. Bien plus...

le baron, riant. Comment!., ce n’est pas tout! pottinberg, d’un ton solennel. Si l’ombre apparaît dans la première heure de la nuit... c’est signe qu’on n’a plus que vingt-quatre heures à vivre et qu’on mourra dès le lendemain.

le baron. En vérité!..

pottinberg, avec persuasion. C’est connu !.. témoin Barnek, le forestier général, qui l’année dernière est mort le jour de Noël... preuve que son ombre avait apparu la veille.

le baron. C’est évident!..

pottinberg. Pauvre Barnek!.. vous le connaissiez?

le baron. Cela t’a affligé!..

pottinberg. Jusqu’à un certain point., car j’avais depuis longtemps envie de sa place... qui dépend de vous et que je demande aujourd’hui.

Albert, à Pottinberg, à demi-voix. Et moi qui suis sur les rangs.

pottinberg, lui serrant la main avec affection. Entre amis... chacun pour soi et Dieu pour tous, comme on dit, et puis Monseigneur m’avait donné en partaut... le baron, regardant Henriette. Des instructions. pottinberg, de même. Que j’ai remplies.

le baron, avec joie. En vérité!..

pottinberg. Ça mérite récompense.

le baron. Je ne dis pas le contraire... nous verrons, nous examinerons... dans notre justice... et dans notre sagesse... Je vais voir la comtesse ma mère, ( Bas à Pottinberg.) puis je t’attends au nouveau château. ( Aux paysans et aux paysannes .) Vous, mes amis, à ce soir!

CHŒURS

Halali, halali, saint Hubert nous protège, etc.

(Le baron sort avec ses amis; les paysans le reconduisent, ainsi qu’ Albert et Henriette, jusqu'au dehors de la chambre.)

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